Des experts pressent Mark Carney d’acheter des Canadair avec l’argent de la défense, mais au Québec, ce sont surtout les hélicoptères qui font la différence contre les incendies.
« La menace existentielle la plus immédiate n’est pas constituée par des missiles hypersoniques russes, mais par les incendies de forêt provoqués par les changements climatiques » dénonce une lettre publiée dans le Globe and Mail signée par Jeffrey F. Collins et Axel Cool-Fergus.
Le premier est le directeur fondateur du Palmer Institute for Canadian Leadership à Charlottetown et le second, un organisateur politique et stratège climatique.
Selon eux, le Canada devrait être fier du fameux Canadair (DHC-515), fabriqué près de Calgary, et investir davantage dans ses flottes.
Ces avions sont fabriqués par l’entreprise canadienne De Havilland, qui appartient à la riche famille Thomson.
Après les feux de forêt de 2022, le président Emmanuel Macron avait réclamé davantage de Canadairs, ce qui a contribué à l’obtention de 22 commandes européennes.
Trump empoisonné
Pas plus tard que dimanche, Donald Trump a encore blâmé le Canada pour les feux de forêt dont la fumée affecte la qualité de l’air dans son pays.
« Je leur ai dit. Je veux dire, vous devez empêcher ces feux de se propager et d’empoisonner notre air. Notre air a été empoisonné », a-t-il martelé.
Le lendemain, le premier ministre ontarien, irrité, Doug Ford, a décoché une flèche à Trump : « Ça m’énerve rien que d’entendre toutes ces conneries », a-t-il laissé tomber.
Au cabinet de Mark Carney, on rappelle qu’Ottawa a investi des centaines de millions de dollars dans la protection et l’intervention en cas d’urgence.
Pour la saison 2026, le Centre interservices des feux de forêt du Canada a obtenu 10 ressources aériennes auprès de Conair Group, Coldstream Helicopters et VIH Helicopters.
Au Québec, il y a une dizaine de feux en activité en ce moment dans ce que la SOPFEU appelle « la zone de protection intensive » où l’organisation doit aller les combattre.
Dans le Nord, on en dénombre plus de 136, dont neuf menacent des communautés ou des infrastructures stratégiques.
Des hélicoptères
Chez nous, la SOPFEU dit que ce n’est pas les fameux Canadair qu’il faut sur le terrain, mais bien des hélicoptères pour amener les pompiers forestiers.
« Les gens voient beaucoup les avions-citernes comme étant la panacée, estime Stéphane Caron, coordonnateur à la prévention et aux communications à la SOPFEU. Au Québec, on en a 14 et 4 autres sous contrats au privé, et c’est suffisant ».
Il y a trois ans, la SOPFEU à même réquisitionné des hélicos pour combattre certains incendies, ce que lui permet la loi. L’armée avait aussi fourni des équipages et deux hélicos.
M. Caron explique que l’avion-citerne n’éteint pas les feux, mais les contient.
« Le nerf de la guerre, c’est de trouver des hélicoptères », insiste-t-il.
« C’était une chasse quotidienne pour nos équipes », conclut-il.
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