L’adoption par Québec d’une loi sur la divulgation des antécédents de conjoints violents, d’ici l’été, constitue une superbe avancée. Toutefois, il faut aller encore plus loin pour éviter que d’autres victimes ne s’ajoutent à la terrifiante liste des féminicides.
Le témoignage de Rachel Renaud, sœur de Gabie Renaud, victime d’un présumé féminicide en 2025, est poignant. Sa sœur est tombée aux mains d’un homme dont les antécédents en matière de violence conjugale étaient nombreux.
Je salue l’immense courage dont cette femme éplorée fait preuve depuis le décès de sa sœur. À ses yeux, grâce à l’adoption de cette loi, sa sœur n’est pas morte en vain.
Mais il faut aller plus loin pour protéger les victimes, plaide Mme Renaud. Car sa sœur, comme bien des femmes vulnérables sous le joug d’un conjoint violent, connaissait déjà ses antécédents.
Immobilisme du système
Dans une publication Facebook, en mars, la Fédération des maisons d’hébergement pour femmes déplorait le 7e féminicide enregistré au Québec depuis le début de l’année 2026. Deux autres se sont ajoutés depuis.
« Derrière ces chiffres, il y a des vies fauchées, des proches bouleversés (ées) et des communautés marquées », pouvait-on lire.
La Fédération invite les autorités à agir en urgence sur les causes systémiques de ces violences et à soutenir adéquatement les ressources accompagnant les femmes.
Depuis des années, l’immobilisme du système, qui fait en sorte que l’histoire se répète, est dénoncé lors de chaque féminicide.
Certes, certains efforts ont été déployés, notamment par la mise en place de bracelets antirapprochement et l’accroissement du nombre de places en hébergement.
« Malgré tout, c’est insuffisant », a reconnu la première ministre Christine Fréchette, dans son discours d’assermentation du Conseil des ministres.
Mme Fréchette a mandaté Ian Lafrenière, ministre de la Sécurité intérieure, pour porter ce projet de loi sur la divulgation des antécédents, inspiré de la loi de Clare.
Vous l’aurez deviné, Clare, c’est le prénom d’une victime, décédée au Royaume-Uni en 2009.
La première ministre souhaite que le nombre de places en hébergement pour femmes soit aussi augmenté. Il faudra voir si ce sera fait avant la campagne électorale, ce qui serait souhaitable.
Travail transpartisan
Il faut saluer, dans ce dossier, l’excellent travail de Ruba Ghazal, porte-parole solidaire, qui a mené la mobilisation. Elle a travaillé de manière transpartisane dans le but que ce dispositif, qui existe déjà dans quatre provinces, soit mis en place au Québec.
Jeudi, Gabie Renaud, mère de deux enfants, aurait eu 44 ans. Elle ne célébrera plus jamais son anniversaire, et ses enfants ont perdu leur mère pour toujours.
« Sache que tu ne seras jamais oubliée et que je me bats très fort pour que ta belle puce ait toutes les chances d’être en sécurité dans ses futures relations », a exprimé sa sœur Rachel dans Facebook.
Dans cette publication bouleversante, Rachel Renaud décrit parfaitement pourquoi les décideurs doivent mettre en œuvre tous les efforts possibles pour éviter d’autres drames de cette nature.
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1 week ago
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