Faudrait-il supprimer l’impôt sur les pourboires et les heures supplémentaires?

1 week ago 4

Face à l’augmentation du coût de la vie qui touche tout particulièrement les travailleurs au bas de l’échelle, plusieurs mesures pourraient être adoptées par nos gouvernements.

Dans son « One Big Beautiful Bill », le président Trump a mis de l’avant deux mesures particulièrement populaires auprès des bas salaires : une exemption de base permettant de ne pas payer d’impôt sur le premier 25 000 $ de pourboires, et sur le premier 12 500 $ d’heures supplémentaires.

Une mesure pertinente

Ces mesures sont déjà en vigueur dans de nombreux pays qui cherchent à réduire la facture d’impôt des travailleurs dans les industries où le pourboire est la norme. Dans la restauration, l’hôtellerie, les cafés, le transport de personnes ou la coiffure, les revenus sont souvent faibles et le pourboire change la donne.

Dans le cas américain, le fisc a calculé qu’une serveuse bénéficiant de ces exemptions pourrait épargner environ 1300 $ US par année en impôts.

La France, quant à elle, joue au yoyo avec ces mesures. Un congé d’impôt existe pour les pourboires, mais seulement pour les travailleurs qui gagnent moins de 3000€ par mois (environ 56 000 $ au Canada). On peut alors se demander ce qu’il arrive à ceux qui gagnent 57 000 $. Dans plusieurs cas, de telles mesures peuvent inciter les gens à travailler moins, ce qui est le contraire de l’objectif.

L’exonération de l’impôt sur le premier 7500 € d’heures supplémentaires a initialement été adoptée en 2007 sous Nicolas Sarkozy, avant d’être annulée par François Hollande en 2012, puis est entrée à nouveau en vigueur sous Emmanuel Macron.

Difficile à suivre.

Malgré ce maximum, plusieurs économistes français ont fait valoir que ce « cadeau » fiscal était surtout bénéfique pour les contribuables plus aisés, dont le taux marginal est plus élevé. Le débat fait toujours rage.

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Richard Martineau, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Le diable est dans les détails

Dans la province la plus taxée d’Amérique, il est certainement mieux de s’attaquer à la réduction des impôts qu’à l’augmentation des transferts. L’État occupe déjà une place importante dans nos vies et dans notre économie : l’élimination de ces impôts est donc efficace, ciblée vers les bas salaires, et totalement justifiée dans le contexte économique actuel.

Comme souvent, toutefois, il faut faire attention pour que la mesure atteigne son but : ne pas privilégier indûment les plus nantis, ne pas décourager le travail. La vraie question n’est pas tant de savoir si une telle mesure serait populaire, mais si elle bénéficie vraiment à ceux qu’elle est censée aider.

On pourrait imaginer, par exemple, des gens qui font des heures supplémentaires « par exprès » pendant deux ou trois semaines, puis travaillent beaucoup moins pendant les deux ou trois suivantes. Même nombre d’heures travaillées, important manque à gagner pour l’État.

De même, alors que le recours au pourboire s’étend à de nombreux nouveaux secteurs comme une véritable plaie sociale, il est difficile d’imaginer que l’État rende ce type de rémunération encore plus alléchant en le rendant « gratuit » aux yeux de l’impôt.

Entre le slogan électoral et la bonne politique publique, il y a parfois un fossé.

*** Disclaimer: This Article is auto-aggregated by a Rss Api Program and has not been created or edited by Bdtype.

(Note: This is an unedited and auto-generated story from Syndicated News Rss Api. News.bdtype.com Staff may not have modified or edited the content body.

Please visit the Source Website that deserves the credit and responsibility for creating this content.)

Watch Live | Source Article