La Cour suprême américaine a ouvert la porte à un durcissement des politiques migratoires de l’administration Trump en rendant deux décisions clés jeudi, touchant notamment les expulsions et le traitement des demandes d’asile. Le président devra toutefois éviter toute dérive dans leur application pour ne pas s’aliéner une partie de son électorat, selon un analyste.
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L’une des décisions permet à Donald Trump et à son administration de justifier eux-mêmes, sans contrôle judiciaire, le retrait du statut de protection temporaire accordé à certaines catégories de migrants.
Ce statut était attribué par l’administration américaine à des ressortissants contraints de quitter leur pays en raison d’une guerre civile ou d’une catastrophe naturelle, par exemple. Il leur permettait de séjourner légalement aux États-Unis pour une période plus ou moins longue.
La question soulevée par l’analyste politique Georges Mercier est de savoir si l’administration peut retirer ce statut à sa discrétion ou si les tribunaux peuvent intervenir pour le contester.
« La Cour a dit non. C’est une prérogative entière de l’administration si elle suit la bonne procédure », a indiqué M. Mercier en entrevue à QUB radio et télé, diffusée simultanément au 99,5 FM Montréal, vendredi.
Cette décision rend ainsi possible l’expulsion d’environ 350 000 Haïtiens et de plus de 6 000 Syriens, et pourrait également toucher près d’un million de migrants originaires d’une quinzaine d’autres pays.
La deuxième victoire de l’administration Trump à la Cour suprême concerne le refoulement des migrants à la frontière, afin de les empêcher d’entrer sur le territoire américain et de déposer une demande d’asile.
« Parce que si quelqu’un arrivait sur le territoire des États-Unis, les tribunaux n’avaient pas le choix d’entendre sa demande d’asile », a expliqué l’analyste.
Ces deux décisions renforcent donc considérablement les pouvoirs de l’administration Trump en matière d’immigration.
« Rappelons quand même que Trump a été élu sur un mandat fort pour juguler l’immigration », a souligné M. Mercier.
Pas de cruauté
Si une majorité d’Américains appuie un meilleur contrôle de l’immigration illégale, notamment pour des raisons de sécurité, Georges Mercier estime toutefois que les citoyens ne cautionnent pas les méthodes de l’administration Trump lorsqu’elles s’apparentent à de la « cruauté ».
Le déploiement de la police de l’immigration américaine (ICE) à Minneapolis cet hiver avait d’ailleurs suscité un tollé et nui à la popularité du président.
« Un élément important, c’est que le dernier enjeu de tous les enjeux où Trump demeure à peu près populaire, c’est la gestion de l’immigration. La question qui se pose pour lui, c’est s’il se sert de ces décisions-là de la Cour suprême qui lui donne plus de pouvoir pour continuer à contraindre l’immigration d’une manière qui pourrait paraître inhumaine, peut-être que ça, ça pourrait susciter un bâclage dans la population », a prévu Georges Mercier.
Selon lui, afin de ne pas heurter l’électorat, la Maison-Blanche devra faire preuve de prudence dans la mise en œuvre de ses politiques migratoires.
« Les Américains, oui, veulent contrôler l’immigration, ils ne veulent pas qu’on tombe dans la cruauté. Et parfois, on cherche tellement à faire un spectacle de la gestion de l’immigration, du côté de Donald Trump, qu’on frôle la cruauté, donc c’est le défi qui l’a », a-t-il ajouté.
Voyez l’entrevue intégrale dans l’extrait vidéo ci-haut.
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