Est-ce que ça va ? C’est la question qui nous vient à l’esprit lorsqu’on voit à quel point notre société est polarisée. À quel point l’insulte et l’injure sont désormais décomplexées.
Le maire de Québec, Bruno Marchand, qui se fait dire « va chier » en pleine conférence de presse. Des tuques sont ensuite commercialisées avec cette même insulte, parce qu’on trouve ça drôle.
Est-ce que c’est normal qu’on s’interpelle désormais de cette manière ?
Ensuite, c’est Steven Blaney, maire de Lévis, qui se retrouve sur une image diffusée sur les réseaux sociaux, où il est traité d’idiot. Avec une gang qui applaudit l’insulte et la relaie !
Mais ça ne va pas ? Comment se fait-il qu’on en soit rendus à un tel niveau de mépris ? Et surtout, depuis quand trouve-t-on ça drôle ?
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Mario Dumont, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
De l’intimidation
Il n’y a pas si longtemps, il me semble, les désaccords s’exprimaient sur les idées, les positions, les postures. Pas sur les personnes. La contestation fait partie de notre démocratie. Il est normal, et même nécessaire, qu’on puisse l’exprimer. Mais le mépris, les attaques personnelles et l’humiliation des élus et des personnalités publiques sont tellement devenus monnaie courante que ça fait peur.
Quelle crédibilité avons-nous comme société pour dire aux enfants que l’intimidation n’a pas sa place à l’école, lorsque ces mêmes jeunes voient des adultes envoyer promener et humilier des élus aussi ouvertement et impunément sur la place publique ? Pire encore, lorsqu’une gang reprend ces insultes, les banalise et les exploite comme une arme politique.
Il fut un temps où on regardait Donald Trump insulter ses adversaires politiques et où on en était choqués. Aujourd’hui, on assiste à un glissement vers ce même modus operandi chez nous, avec un simple haussement d’épaules.
Une indifférence dangereuse qui mine notre démocratie. Comme si le respect était désormais conditionnel à l’accord. Comme si l’insulte devenait légitime dès qu’on est en désaccord.
Paradoxes
Ce qui est paradoxal, c’est qu’on n’a jamais autant parlé de santé mentale, d’empathie, de bienveillance et de lutte contre l’intimidation. Qu’on n’a jamais autant parlé des valeurs québécoises qu’il faut protéger. Le respect est pourtant une valeur québécoise qui mérite aussi d’être protégée.
Mais ces principes ne s’appliquent-ils plus à la classe politique qui subit un harcèlement psychologique public et organisé ? Et leur santé mentale, à eux ? Leur dignité ? Leur famille, qui assiste à ces humiliations ? Leurs enfants ?
On peut détester la posture d’un politicien, dénoncer ses décisions, contester ses idées et même souhaiter son départ. C’est notre droit le plus fondamental. Mais il y a des manières de le faire, et l’insulte et l’humiliation n’en sont pas des moyens.
La surenchère dans la virulence des attaques devrait nous inquiéter. Nous avons collectivement dénoncé les injures subies par une policière du SPVM de la part d’un mal élevé. Pourquoi les politiciens, eux, doivent-ils se faire insulter publiquement dans l’indifférence ?
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7 hours ago
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