Nul ne peut rester de glace en regardant Un renversement, documentaire percutant d’Amélie Hardy, jeune réalisatrice qui s’est penchée sur les inégalités et les barrières invisibles qui persistent pour les femmes en politique. Un film qui ne pouvait mieux tomber.
Car s’il est une chose qui surprend bien des femmes, en ce moment, ce sont les nombreux reculs qu’encaisse la condition féminine au Québec et ailleurs.
La montée des discours masculinistes y contribue, évidemment, mais aussi la violence sur les réseaux sociaux.
Si bien qu’un parti politique comme le PCQ d’Éric Duhaime n’a pas honte de proposer de payer les femmes pour rester à la maison avec les enfants plutôt que de chercher à améliorer l’accès aux services de garde au Québec.
Car c’est documenté, ce sont elles qui le font surtout, en l’absence de ce service.
Que le PCQ se permet de présenter un candidat antiavortement, qui s’est retiré cette semaine après la publication d’un article dans nos pages exposant la situation. Ou un expert des insultes comme l’animateur de radio Dominique Dumas ?
Ou que le PQ ose piger dans les rangs de Radio X avec son candidat dans Charlevoix–Côte-de-Beaupré, alors qu’on y tient régulièrement des propos plus que douteux envers des femmes publiques.
Et que ledit candidat n’a pas fait exception à ce chapitre, comme en témoignent de nombreux textes à ce sujet.
Politiciens de demain
J’ai assisté à la première mondiale du film, qui avait lieu lors du Festival de cinéma de la Ville de Québec (FCVQ), mercredi. Je salue cette décision audacieuse de le présenter en ouverture.
Les témoignages de ces 12 femmes, 11 politiciennes et une collègue journaliste qui a longtemps couvert la colline Parlementaire, Jocelyne Richer, offrent un éclairage frappant sur les difficultés qui persistent pour les femmes en politique.
Une série d’exemples nous renversent et poussent à la réflexion. Je note les comportements machistes qu’on croyait révolus ; les mécanismes d’exclusion, mais aussi l’absence de congé de maternité qui persiste pour les élues.
Au bout du compte, on se demande ce qu’il faudra faire pour que ça change, alors qu’on croyait ramer dans le bon sens ?
Et si ces gars qui se sentent concernés par les discours masculinistes d’aujourd’hui deviennent les politiciens de demain, s’interroge Émilie Foster, ex-députée caquiste et politologue.
Avouez que ça donne le frisson ! Et c’est tout à fait possible, d’où l’importance de traiter de ces enjeux et d’éviter de faire semblant que tout va bien et qu’au Québec, la différence de traitement n’existe pas.
Impression d’égalité
« On a une impression d’égalité au Québec, entre les hommes et les femmes, on laisse entendre que c’est atteint cette égalité-là, mais dans les faits, ce n’est pas le cas parce que c’est encore les femmes qui portent sur leurs épaules le monde », lance Manon Massé dans le documentaire.
Une bonne raison de garder espoir tient dans le fait qu’une jeune femme au talent très prometteur comme Amélie Hardy a décidé de creuser le sujet. Du fond du cœur, je l’en remercie chaleureusement.
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3 days ago
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