Élections provinciales : 3 leçons que Québec solidaire peut tirer de Zohran Mamdani

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Québec solidaire (QS) espère être en mesure de se servir des victoires récentes de Zohran Mamdani et d’autres socialistes américains afin de créer la surprise et s’imposer le soir de l’élection provinciale du 5 octobre. La tâche s’avérera toutefois compliquée, estiment des experts.

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Le 4 novembre 2025, le candidat socialiste démocrate Zohran Mamdani a remporté une victoire historique et inattendue en étant élu maire de New York.

Son élection a fait souffler un vent de gauche sur les États-Unis. Plusieurs de ses pairs progressistes, membres du Democratic Socialists of America (DSA), ont profité de cet élan pour battre les candidats plus modérés de l’establishment lors des primaires démocrates qui se sont déroulées au mois d’août.

MEGA/WENN 

Ruba Ghazal a exprimé son intention de s’inspirer du mouvement initié par Zohran Mamdani afin de mener son parti à une victoire similaire.

« Je n’y crois pas du tout. Les contextes sont complètement différents. Zohran Mamdani a été élu parce qu’il a su exploiter la faiblesse perçue des démocrates dans leur bataille contre Donald Trump, ce que Québec solidaire ne pourra pas faire », analyse le politologue affilié à l’UQAM, André Lamoureux.

Les candidats solidaires auront à convaincre des électeurs aux priorités variantes aux quatre coins du Québec, contrairement à Zohran Mamdani, qui ne s’adressait qu’aux New-Yorkais, souligne aussi Thierry Giasson, professeur titulaire en science politique à l’Université Laval.

Cela étant dit, le programme de QS présente des similitudes avec celui présenté par Mamdani en novembre dernier, précise-t-il.

Le parti provincial de gauche pourrait donc s’inspirer de la stratégie déployée par le maire de New York afin de gagner le vote progressiste du Québec.

Voici les principaux défis qui attendent la formation de Ruba Ghazal et Sol Zanetti.

1- Mobiliser une armée

Dans les semaines qui ont précédé l’élection municipale à New York, les troupes de Zohran Mamdani étaient omniprésentes dans la Grosse pomme.

« Sa campagne a été très spéciale à New York, il a réussi à rassembler une véritable armée. Ils ont été très, très, très présents sur le terrain », rappelle André Lamoureux.

Les sessions de porte à porte ont effectivement été nombreuses. Les bénévoles se sont imposé les parcs, les rues et événements locaux de toute sorte. Résultat : Mamdani est parvenu à susciter le taux de participation le plus élevé de la ville depuis plus d’un demi-siècle.

Québec solidaire devra ainsi trouver une façon de créer ce même lien avec l’électorat. Une ambition qu’André Lamoureux voit mal se concrétiser.

« La base militante de Québec solidaire n’est pas celle de Mamdani. QS a perdu beaucoup de militants dans les dernières années. Je ne vois pas la masse qui va se mobiliser pour faire en sorte que Ruba Ghazal devienne première ministre. Je crois que c’est impossible », analyse le politologue.

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2- S’imposer comme la seule option de gauche

Lors de sa campagne, Zohran Mamdani et son équipe se sont rassemblés autour d’idées considérées comme extrêmes par de nombreux Américains : système universel gratuit de garderie et de santé, gel des loyers, gratuité des transports, création d’épiceries publiques à prix modiques et mesures fiscales ciblant les ultrariches.

Ces propositions ont eu pour effet de le placer sans ambiguïté à gauche sur l’échiquier politique.

Québec solidaire aurait lui aussi avantage à embrasser sans détour son identité de gauche, estime Thierry Giasson.

« L’exercice de recentrage tenté par le parti dans les dernières années n’a pas fonctionné et le père de cet exercice, Gabriel Nadeau-Dubois, est parti. C’est donc le temps de se présenter comme un parti de gauche assumé et de rappeler qu’il est là pour défendre les intérêts du peuple. »

Ruba Ghazal et Sol Zanetti pourraient également s’inspirer du style communicationnel du maire de New York pour faire passer leur message.

« Zohran Mamdani ne plaît pas à tous les électeurs et il n’essaie pas de le faire. Il a un style un peu baveux, un peu irrévérencieux. C’est un peu sa marque de commerce », souligne M. Giasson.

3- Proposer des changements concrets

Une des autres raisons qui expliquent le succès de Zohran Mamdani à New York, c’est que le candidat a été en mesure de cibler l’enjeu le plus important pour les électeurs — l’augmentation du coût de la vie — et de proposer des mesures concrètes pour y remédier.

QS devra donc à son tour être en mesure de bien cibler l’enjeu qui touche le plus grand nombre de Québécois, puis de proposer des idées distinctes et concrètes s’il veut espérer progresser le 5 octobre.

« L’idée, c’est de s’assurer que les propositions politiques n’aliènent pas la base électorale du parti, mais qu’en plus, elles parlent à des groupes d’électeurs qui ne votent pas pour eux traditionnellement, mais qui partagent des aspirations, des besoins, des attentes qui sont similaires », détaille Thierry Giasson.

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