Jugé peu plausible il y a seulement quelques semaines, le scénario qui verrait les démocrates arracher le contrôle de la Chambre des représentants et du Sénat lors des élections de mi-mandat semble aujourd’hui davantage probable.
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Selon l’agrégateur de sondages Race to the WH, le Parti démocrate a près de 84 % de chances de remporter la majorité à la Chambre des représentants et plus de 70 % de chances d’être majoritaire au Sénat à compter du 3 novembre.
La course pour le contrôle du Sénat promet d’être particulièrement serrée. Selon les projections, les démocrates détiendraient entre 52 et 53 sièges. Or, il en faut 51 pour obtenir une majorité.
Selon Stéphan Bureau, collaborateur de TVA Nouvelles en politique internationale, une double victoire des démocrates aux élections de mi-mandat n’est pas garantie, mais plus plausible que jamais depuis l’élection de Trump en 2024.
Voici comment un tel scénario pourrait se produire :
Pour y arriver, les démocrates conservent tous les sièges qu’ils possèdent déjà.
Ensuite, le parti doit arracher quatre États qui sont actuellement représentés par des sénateurs républicains.
Michigan
La bataille promet d’être serrée au Michigan, un État représenté actuellement par les démocrates, mais pour lequel ils ne devront pas ménager leurs efforts d’ici le 3 novembre.
« On pensait que les démocrates pouvaient peut-être le perdre, parce que le candidat qui a été désigné lors des primaires, monsieur El-Sayed, est associé à l’extrême gauche dite radicale. Or, on sent qu’on serre les coudes, même si chez les démocrates, ça a été très divisif. Et à peu près tout ce qu’on a pour l’instant de sondages, et j’ajoute à ça aussi les sites de prédiction, donnent El Sayed gagnant. Alors, ce n’est pas une avance considérable, mais il est possible que les démocrates le gardent », clame Stéphan Bureau.
Kansas
Pour la première fois depuis George McGill en 1932, un sénateur démocrate pourrait être élu dans l’État du Kansas.
Le pasteur Adam Hamilton, qui fait face au sénateur républicain sortant Roger Marshall, pourrait toutefois causer la surprise.
« C’est très conservateur, mais si ça tombe au Kansas, c’est le signe qu’il se passe quelque chose », affirme Stéphan Bureau.
Caroline du Nord
En Caroline du Nord, le candidat républicain, Michael Whatley, a un adversaire de taille face à lui : l’ex-gouverneur de l’État Roy Cooper.
«[Whatley], c’est une vedette qui a dirigé le parti républicain, mais qui paye très cher sa proximité avec Donald Trump, parce que ça devrait être républicain aussi en Caroline du Nord », mentionne le collaborateur de TVA Nouvelles.
Maine
Selon toute vraisemblance, la sénatrice républicaine Susan Collins devrait s’incliner face à son adversaire démocrate Troy Jackson. Ce dernier est donné gagnant par la majorité l’ensemble des sondages.
Ohio
En Ohio, le siège du vice-président JD Vance et en jeu et sera disputé par le démocrate Sherrod Brown et le républicain Jon Husted. Le premier jouit d’une avance confortable dans les intentions de vote.
« C’est un État remporté par le président Trump avec de bonnes marges, avec ces anciens cols bleus révoltés, ces gens déclassés à qui le président disait : “je serai votre voix ”. Et là, encore une fois, c’est difficile », soutient Stéphan Bureau.
Alaska
Mary Peltola est présentement en avance face au sénateur républicain sortant Dan Sullivan, en Alaska.
« Tu as un républicain bien en place qui se fait chauffer par un démocrate », mentionne le collaborateur de TVA Nouvelles en politique internationale.
Texas
Le cas du Texas demeure le plus improbable en apparence. Les démocrates rêvent depuis longtemps d’arracher aux républicains cet État du sud.
Cette fois-ci pourrait être la bonne puisque James Talarico est en avance dans les intentions de vote sur le républicain Ken Paxton.
« Talarico est une machine de guerre. Il a à peu près 100 millions de dollars dans ses coffres en face d’un candidat qui a été imposé par le président, qui traîne beaucoup de casseroles. Il y a eu des procédures de destitution contre lui. Son ex-femme témoigne régulièrement contre lui et ses infidélités », souligne Stéphan Bureau.
Scénario catastrophe pour Trump
Quoi qu’en dise Donald Trump, si les démocrates parviennent à obtenir le contrôle des deux chambres du Congrès, cela pourrait entraîner une descente aux enfers politique pour le président américain.
« À 50+1 votes à la Chambre, tu peux déposer des actes d’accusation qui ouvriraient un procès de destitution. Ça prend juste une simple majorité », indique M. Bureau.
« Si après une enquête, on découvre que [les] malversations qu’on soupçonne sont avérées par l’enquête, ça peut se jouer au Sénat. Ça prend les deux tiers. Mais est-ce qu’il y a des républicains qui vont vouloir un jour dire : “peut-être qu’avant, qu’il soit trop tard, on va se mettre du bon côté de l’histoire”? C’est arrivé plein de fois que l’homme fort perde le contrôle et ça, c’est un scénario qui ferait très peur, j’en suis convaincu, à monsieur Trump », ajoute-t-il.
Devant un tel scénario, le président américain pourrait vouloir sauver la face en démissionnant plutôt que de s’exposer à une destitution, propose Stéphan Bureau, et demanderait à son successeur immédiat, JD Vance, de lui accorder un pardon présidentiel.
Tout ça demeure de la « politique-fiction », conclut Stéphan Bureau, mais demeure un scénario plausible dans les circonstances actuelles.
Pour voir l’entrevue complète, visionnez la vidéo ci-haut.
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