La SARTEC déplore les accusations visant l’écrivain Thélyson Orélien, qui, selon un outil de détection de l’IA, aurait fait rédiger son roman C’était ça ou mourir presque intégralement par l’intelligence artificielle.
• À lire aussi : Accusé d’avoir écrit son roman avec l’IA : l’écrivain québécois Thélyson Orélien se défend et se dit victime de racisme
• À lire aussi : Prix Goncourt : Il faudra des « preuves irréfutables » pour exclure Thélyson Orélien, affirme son président
• À lire aussi : Détecteurs de textes générés par IA : comment ça fonctionne et peut-on leur faire confiance ?
Le Québécois d’origine haïtienne a reçu lundi le prix FNAC et s’est retrouvé presque immédiatement au cœur d’un scandale lorsqu’un compte anonyme sur X a affirmé qu’une analyse du logiciel Pangram estime que les probabilités que le roman primé ait été écrit par l’IA sont de 100 %.
L’auteur a démenti ces accusations, tout comme son éditeur Grasset.
En entrevue à LCN, le directeur général de la Société des auteurs de radio, télévision et cinéma (SARTEC), Laurent Dubois, a dit croire pleinement la version de Thélyson Orélien et de sa maison d’édition. Il affirme toutefois s’inquiéter de l’impact d’une telle saga sur le milieu artistique et littéraire.
« Je pense qu’on vient de franchir un point de bascule avec cette triste saga parce que ça vient créer finalement un soupçon dans le travail humain de nos créateurs et de nos créatrices », soutient-il.
« Ce qui est absurde dans cette situation, c’est que c’est un outil d’IA qui nous dit d’abord qu’il n’est pas infaillible, mais qui nous dit que de l’IA a été détectée », ajoute M. Dubois.
Ce dernier affirme que son syndicat s’inquiète depuis plus d’une décennie du manque d’encadrement de l’intelligence artificielle.
« Le seul grand gagnant que je vois de cette séquence, de cet emballement en France ou ici, ce sont les développeurs d’intelligence artificielle qui bénéficient d’une pub incroyable. Tout le monde s’est pitché dans les détecteurs d’IA pour y déverser plein de tests, plein de textes pour voir ce que ça donne et les grands perdants, ce sont les artistes », résume-t-il.
Des outils peu fiables
Depuis la première accusation d’utilisation de l’IA, le livre de Thélyson Orélien a été testé par plusieurs internautes qui ont soumis des passages du roman à divers outils de détection d’IA et les résultats diffèrent beaucoup d’un test à l’autre.
Certains programmes affirment que le roman a assurément été écrit par une intelligence artificielle, alors que d’autres indiquent qu’il s’agit d’un ouvrage rédigé par un humain.
Les limites et le manque de fiabilité de ces outils de détection sont de plus en plus montrés du doigt.
Mardi, l’auteur français Baptiste Beaulieu a partagé sur ses réseaux sociaux un test qu’il a réalisé avec Pangram, auquel il a soumis le célèbre poème de Victor Hugo Demain, dès l’aube...
Le résultat : le texte qui date de 1847 a été rédigé à 100 % par l’IA, affirme l’outil de détection.
« Ces outils, il faudrait aussi se poser la question : par qui est-ce qu’ils ont été imaginés ? Qui les possède ? Comment sont-ils réglementés ? Tout ça, ça appartient à peu près à la même confrérie de grands entrepreneurs quand même américains et on ne peut pas avoir confiance en ces outils-là. Donc à partir du moment où on ne peut pas avoir confiance en ces outils-là, moi je préfère avoir confiance dans les créateurs, dans les producteurs et dans les institutions », clame Laurent Dubois.
« À partir du moment où l’artiste et son producteur, en l’occurrence sa maison d’édition, nous disent qu’il n’y a pas eu d’utilisation de l’IA, on n’a aucune raison de ne pas croire ces gens-là et de croire un outil obscur », ajoute-t-il.
Ce dernier affirme ne pas être contre l’intelligence artificielle, mais souhaite plus de transparence de la part des entreprises d’IA et de prudence de la part du public.
« S’il vous plaît, arrêtons de faire des tests, parce qu’avec tous les tests qu’on fait en ce moment, on déverse des contenus qui sont protégés par le droit d’auteur dans des outils dont on ne maîtrise pas bien les tenants et aboutissants, puis on enrichit ces grandes entreprises qui font de l’argent sur le dos des artistes. Ce n’est pas aux créateurs de faire la preuve. Ce n’est pas à nous d’avoir le fardeau de la preuve dans ce dossier-là », conclut-il.
Pour voir l’entrevue complète, visionnez la vidéo ci-haut.
.png)
5 days ago
11

















Bengali (BD) ·
English (US) ·