Les enfants qui passent des heures chaque jour avec des écouteurs sur les oreilles sont à risque de développer des acouphènes ou des troubles auditifs.
« Ce ne sont pas les écouteurs qui sont dangereux. C’est l’intensité sonore », prévient Marie-Ève Beaulieu, vice-présidente de l’Association québécoise des orthophonistes et audiologistes (AQOA).
De plus en plus de jeunes présentent des symptômes liés à une exposition excessive au bruit.
« Ça peut être une sensation d’oreille bouchée, une baisse auditive temporaire ou des acouphènes », énumère-t-elle.
« Selon l’Organisation mondiale de la Santé, la moitié des jeunes adultes présenteraient déjà des symptômes liés à l’usage excessif des écouteurs », souligne-t-elle.
Souvent, ces problèmes ne sont pas diagnostiqués rapidement.
Un enfant peut écouter de la musique à volume élevé pendant des années sans conséquence apparente, puis développer soudainement des symptômes à l’adolescence ou au début de l’âge adulte.
« Le système se fragilise progressivement. À un moment donné, il y a une exposition de trop », déplore-t-elle.
Surveiller le volume
Pour les parents qui veulent veiller sur la santé auditive de leurs enfants, le premier réflexe devrait être de surveiller le volume.
Mme Beaulieu recommande de ne pas dépasser 50 % à 60 % du volume maximal des appareils électroniques.
« À ce niveau-là, on considère généralement que l’écoute demeure sécuritaire », estime-t-elle.
Plus le volume augmente, plus la durée d’écoute devrait diminuer.
« L’oreille fonctionne un peu comme un budget. On a une quantité limitée de bruit qu’on peut tolérer avant de créer des dommages », explique-t-elle.
Ainsi, un jeune qui écoute de la musique à plein volume pendant plusieurs heures « dépense » rapidement son budget auditif quotidien.
L’audiologiste encourage aussi les parents à privilégier les écouteurs conçus pour les enfants, qui limitent automatiquement le volume sonore.
Les modèles à réduction de bruit peuvent également être utiles.
« Quand l’environnement est bruyant, les gens ont tendance à augmenter le volume. Les écouteurs à réduction de bruit permettent d’entendre correctement sans monter le son », se réjouit-elle.
Génération à risque
Même si les cas d’acouphènes sévères demeurent relativement rares chez les enfants, Marie-Ève Beaulieu croit que les mauvaises habitudes actuelles se feront sentir davantage dans les prochaines décennies.
« Je pense que les conséquences risquent surtout d’apparaître chez les jeunes adultes de 20 à 40 ans », déplore-t-elle.
Mme Beaulieu insiste donc sur l’importance de la prévention dès le plus jeune âge.
« L’enfance est vraiment le moment où il faut développer de saines habitudes d’écoute qui restent toute la vie », rappelle-t-elle.
« Contrairement à une batterie de téléphone, l’audition ne se recharge pas. Une fois les dommages installés, ils sont souvent permanents », rappelle-t-elle.
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1 week ago
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