Un entraîneur d’arts martiaux qui est devenu le « coach sexuel » de son élève de 15 ans en échangeant avec lui plus de 10 000 textos a été condamné à deux ans de détention pour ses crimes.
« J’ai pris conscience que d’écrire des milliers de messages pouvait être plus dangereux que de recevoir une balle de 9 mm », s’est excusé Michel Talbi mardi matin au palais de justice de Montréal.
Le Montréalais de 60 ans a eu une « carrière remarquable », selon la juge Alexandra Marcil. Militaire au sein de l’armée française, il a été déployé dans 22 pays, dont au Soudan et à Sarajevo. Il a ensuite immigré au Canada, où il est devenu agent des services correctionnels au palais de justice de Montréal.
Il a même été décoré par la gouverneure générale après avoir été témoin du meurtre de sa voisine par son conjoint. Talbi s’était interposé et avait réussi à sauver les enfants.
L’accusé était champion de karaté et instructeur dans une école d’arts martiaux. C’est lors de cours de Krav Maga qu’il a rencontré sa victime, un adolescent de 15 ans en pleine quête identitaire.
Le jeune le considérait comme son idole, son maître. Il l’admirait.
Michel Talbi a échangé des milliers de textos avec son élève, en plus d’images et de liens vers des contenus pornographiques. Il agissait en « coach sexuel » et incitait la victime à se masturber simultanément en ligne, puis en personne. Il l’avait même encouragé à filmer ses relations sexuelles avec sa copine.
Les crimes ont cessé après huit mois, lorsque le père de la victime a pris connaissance des échanges.
Long procès
Michel Talbi a été reconnu coupable de plusieurs infractions sexuelles, dont leurre, exploitation sexuelle et production de pornographie juvénile, au terme d’un long procès où son « empathie paraissait inexistante ».
La victime a ressenti une profonde colère, de la honte et de la trahison. Elle a mis fin à ses études et à ses entraînements.
L’accusé présente toutefois un faible risque de récidive, selon la juge Marcil. Depuis les crimes, il a cessé de consommer des stupéfiants et bénéficie d’un suivi sexologique.
Michel Talbi n’a pas de déviance sexuelle ou d’attirance envers les adolescents, ont conclu des experts.
Probation
La Couronne réclamait trois ans et demi de pénitencier. Mais la juge Marcil a décidé de se ranger à la suggestion de la défense, qui proposait 24 mois de détention.
« Il nous apparaît préférable de réduire légèrement la période d’incarcération afin d’imposer à ce délinquant un suivi probatoire de longue durée », a souligné la juge Marcil.
Les juges n’ont pas le pouvoir d’ajouter une période de probation à une sentence supérieure à deux ans.
À sa sortie de prison, Talbi demeurera sous le joug des autorités pendant trois ans, où il devra notamment suivre une thérapie.
Il ne pourra être en contact avec des mineurs pendant sept ans.
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