Des contrats publics réservés aux entreprises québécoises et canadiennes: la guerre tarifaire contamine la campagne électorale

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La guerre commerciale avec Donald Trump contamine de nouveau la campagne électorale, forçant le gouvernement de Christine Fréchette à voler au secours des entreprises québécoises.

La riposte du Canada aux attaques tarifaires américaines a monopolisé la 12e journée du marathon électoral.

Accusée par ses rivaux de se servir une nouvelle fois du conflit commercial avec les États-Unis pour mousser sa campagne, la cheffe caquiste a annoncé lundi de nouvelles mesures d’aide au terme d’une réunion spéciale de son Conseil des ministres.

Québec lève notamment la sacro-sainte règle du plus bas soumissionnaire pour l’attribution des contrats publics, de manière à favoriser les entreprises québécoises.

Les appels d’offres pourront être réservés aux compagnies établies au Québec ou au Canada. Le gouvernement pourra exiger que les biens soient produits et transformés ici.

Les contrats de construction en santé, en transport et en infrastructures de moins de 9,2 M$ devront aussi inclure au moins 15 % de matériaux et d’équipements québécois ou canadiens.

Les sociétés d’État sont aussi appelées à contribuer à l’effort de guerre et devront adopter une stratégie d’achat Québécois.

Duhaime boude la rencontre

La première ministre sortante avait préalablement convoqué ses adversaires politiques à une rencontre virtuelle. Déçus de servir la cause caquiste, Paul St-Pierre Plamondon, Charles Milliard et Ruba Ghazal ont tout de même accepté à contrecœur de s’entretenir avec Christine Fréchette.

Seul le chef conservateur Éric Duhaime a décidé de bouder la réunion, pour manifester son mécontentement devant cette « stratégie marketing ».

Mais tout n’est plus au beau fixe entre Mark Carney et Christine Fréchette. Il y a même eu de la friture sur la ligne entre les deux cabinets lundi.

S’il a tenu compte des recommandations du Québec dans l’élaboration de ses contre-tarifs, Ottawa a nié avoir « ajusté » sa riposte contre Donald Trump après un plaidoyer de Christine Fréchette, comme elle le prétend.

« Ils ont pris en considération nos demandes et ils ont ajusté le tir », dit-elle.

Rien de changé

À Ottawa, cette sortie de Christine Fréchette a causé la surprise chez des personnes contactées par Le Journal. Aucun nouvel ajustement n’a été annoncé depuis une semaine, aucun ajustement n’est prévu à court terme et aucune nouvelle annonce sur le sujet n’est dans les cartons.

Les craintes de la cheffe caquiste sont liées au fait que des entreprises québécoises pourraient souffrir des contre-tarifs en payant plus cher des intrants nécessaires à la création ou à la transformation de leurs propres produits.

Face à cela, le gouvernement fédéral aurait simplement « expliqué » à Québec qu’il avait déjà prévu le coup avec un programme spécial de remises.

Annoncés par Mark Carney après l’échec des négociations avec Washington il y a deux semaines, les contre-tarifs canadiens entreront en vigueur dès minuit mardi. Ils visent 28 G$ en importations américaines. Les taux sont de 15 %, 25 % ou 50 % selon le bien.

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