Une semaine après le déclenchement des élections, des candidats et organisateurs libéraux sont inquiets : Christine Fréchette joue dans leurs plates-bandes et Charles Milliard n’a pas encore réussi à incarner l’alternative au Parti Québécois dans la tête des électeurs
D’abord, la présence du populaire premier ministre Mark Carney aux côtés de Christine Fréchette à l’orée de la campagne a fait mal.
À deux reprises, les politiciens se sont présentés devant les caméras tout sourire pour annoncer une entente historique et des investissements records. Et le flirt avait commencé bien avant, dès le mois de juin, avec une entente de dix milliards $ pour financer des projets d’infrastructures prioritaires au Québec.
« La succession d’événements a créé une onde de choc chez les candidats, confie l’un d’entre eux. C’est un sentiment partagé que le Parti libéral du Canada appuie plus la CAQ que le Parti libéral du Québec. »
Le potentiel de Fréchette
C’est un signe que Mark Carney voit davantage de potentiel chez Christine Fréchette que chez Charles Milliard pour freiner la menace souverainiste de Paul St-Pierre Plamondon, et ce, malgré une légendaire proximité dans le personnel politique des rouges, à Québec et Ottawa.
Puis, le plan de match de la cheffe caquiste, qui appelle les fédéralistes à rallier ses rangs pour empêcher l’élection d’un gouvernement souverainiste et multiplie les annonces bonbons à saveur économique, fait peur.
« Elle fait exactement ce qu’il fallait qu’elle fasse, avec une “machine” bien rodée pour se maintenir au pouvoir. [...] Nous, on fait fausse route », souligne un organisateur.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Richard Martineau, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Est-ce qu’elle mange votre lunch ? « Solide », rétorque-t-il.
D’autres sont plus optimistes et croient que son appel au vote stratégique en début de campagne sent la panique et lui nuira.
Même dans des circonscriptions jadis peintes en rouge, où les électeurs sont majoritairement allergiques au PQ, le PLQ n’apparaît pas clairement comme l’alternative aux souverainistes.
« Les gens regardent les sondages et se disent : si je vois que c’est la CAQ qui a des meilleures chances, peut-être que je vais aller dans cette direction-là », confie un aspirant député.
Une prière pour plus de contenu
Bien sûr, Charles Milliard a un déficit de notoriété et doit réussir à sortir de l’ombre.
Pour plusieurs candidats qui se sont confiés à notre Bureau parlementaire, le principal défi de leur chef réside dans le contenu. Ils prient pour que Charles Milliard ait adopté une stratégie en crescendo et que le meilleur soit à venir.
« Il y a des gens qui me posent la question : c’est quoi votre vision, c’est quoi votre ligne directrice ? », admet l’un d’entre eux.
« Demain matin, c’est quoi nos engagements ? Je ne le sais pas », dit un autre.
Puisque la mémoire est une faculté qui oublie, bon nombre de Québécois ont momentanément perdu de vue les huit années de gouvernement caquiste en raison de la guerre des tarifs avec Donald Trump.
Certains souhaitent un peu plus de verve envers la CAQ et son « lourd bilan ».
« Il faut leur rappeler, chuchote-t-on. Que les gens se souviennent pourquoi qu’ils étaient si fâchés contre la CAQ, ces mauvais gestionnaires ! »
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6 days ago
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