La première ministre Christine Fréchette rejette sur le duo Legault‐Fitzgibbon la responsabilité de la majorité des problèmes dans la filière batterie. Malgré « les risques », son gouvernement entend toutefois continuer d’y investir et promet de s’améliorer.
« Dès mon arrivée à l’Économie, j’ai agi pour réduire l’exposition aux risques », a plaidé Christine Fréchette, en poste comme superministre depuis septembre 2024.
Selon la vérificatrice générale, aucun suivi adéquat des risques dans la filière batterie n’a cependant été effectué avant mai 2025.
La première ministre siégeait d’ailleurs au Conseil des ministres lorsque le gouvernement caquiste a versé par décret 1,9 milliard $ à des entreprises jugées à risque. Elle se défend en renvoyant la responsabilité à son ex-collègue Pierre Fitzgibbon.
« J’ai décidé de suivre la recommandation qui nous était faite par notre collègue », a-t-elle expliqué, soutenant que 95 % des pertes financières liées à la filière batterie découlent des échecs de Northvolt et de Lion Électrique.
« On s’est retrouvé à investir dans deux start-up », a-t-elle ajouté.
Le Vérificateur général du Québec conclut que le gouvernement de la CAQ a manqué de rigueur en injectant des milliards de dollars en subventions dans la filière batterie, sans analyses suffisantes ni suivi des risques.
Environ 700 millions $ ont été investis dans des entreprises aujourd’hui en faillite, dont Recyclage Lithion, Moteurs Taïga, Northvolt et Lion Électrique.
Parmi les onze projets analysés, quatre sont en faillite, deux sont suspendus et trois dépassent les coûts prévus. Seuls deux investissements ne présentent pas de problèmes majeurs.
Fréchette et Drainville y croient toujours
L’actuel ministre de l’Économie et de l’Énergie, Bernard Drainville, affirme prendre acte du rapport et assure que les recommandations seront mises en place.
Le gouvernement de la CAQ ne compte toutefois pas mettre fin aux investissements dans la filière batterie.
Christine Fréchette soutient qu’en matière de développement économique, « il y a des risques auxquels il faut s’exposer ».
Le ministre Drainville promet que le gouvernement « va s’améliorer ».
« Il y a des projets qui fonctionnent encore et qui avancent très bien », a-t-il indiqué, évoquant environ 1000 emplois à Bécancour.
Il assure que « la procédure d’analyse de risque de nos projets » sera resserrée.
Une réponse qui fait bondir le libéral André Fortin.
« Si le ministre de l’Économie nous dit qu’il est en train de resserrer les critères, c’est parce que ça n’a jamais été fait. C’est un aveu d’échec », a-t-il dénoncé. « On donne avant, on analyse après : c’est du grand n’importe quoi. »
Le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon a, de son côté, dénoncé une dilapidation de fonds publics.
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2 weeks ago
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