Le progrès n’a pas la vie facile. Le débat entourant les ratés de Consignaction en fait preuve.
Files d’attente trop longues, dépôts non accessibles, trop grandes distances. Ce qui semblait si simple, ramener nos bouteilles et canettes consignées à l’épicerie, semble devenu le nouveau cauchemar des Québécois.
Incompétence gouvernementale ? Ou reflet du défi pour tous de changer nos habitudes ? Surtout dans un monde où nous sommes devenus intolérants au moindre irritant.
Et après ça, on se demande pourquoi nos sociétés occidentales sont incapables de prendre le virage vert contre les changements climatiques.
Le poids du tri
Sur mon île au bout du monde, pas simple de recycler.
Il faut séparer à l’avance toutes les matières. Le carton ondulé, le carton imprimé, l’emballage d’IKEA, la caisse de bière. Ensuite, il faut séparer le plastique mou du plastique dur, le sac de pain de la barquette de viande.
Mais c’est sur le front des contenants de breuvage que ça se corse. Le verre alcoolisé ne va pas avec le verre non alcoolisé, idem pour l’aluminium et les Tetra Pak. Donc, il faut séparer le vin du kombucha, la bière du mocktail, le lait des jus et ainsi de suite.
Vous ne serez pas surpris d’apprendre que j’ai cinq bacs de recyclage, et certains sont compartimentés. La logique est aussi limpide que compliquée à appliquer.
Car le contenant de crème glacée, mi-carton imprimé, mi-plastique a sa propre case !
Vous me direz que c’est un enfer !
Certes, il faut passer derrière le mari qui n’a pas encore pleinement intégré la logique.
Mais c’est ça, le vrai recyclage !
Pas le choix
Car sur mon île au bout du monde, tout le monde embarque. Et ce n’est pas parce que l’ensemble de la population n’a rien d’autre à faire. Les habitants ont un job, des enfants, leur lot de charge mentale comme nous.
Mais leurs efforts rapportent. Le recyclage étant trié à l’avance, il est vendu et s’autofinance. Surtout, ils n’ont pas le choix.
Voyez-vous, sur mon île au bout du monde, il n’y a pas de services d’ordures. Chaque sac de vidanges doit être trimballé par traversier lors d’une visite à Vancouver ou Victoria. Et, croyez-moi, c’est pénible, traîner les vidanges dans l’auto !
Alors les bouchons de liège, les ampoules électriques, les vieux fils, les canettes de Tremclad, même les stylos et les surligneurs sont mis de côté pour éviter le supplice des poubelles.
Le pire dans tout ça, c’est que je sais très bien que si le même système existait à Montréal, je serais la première à râler. Le tri ne devient une évidence que lorsqu’on n’a plus le luxe de s’en passer.
Or, depuis des années, on nous a fait croire que le virage écologique se ferait sans douleur.
Le vrai problème n’est pas Consignaction. C’est notre intolérance à ajuster nos vies déjà trop chargées, à patienter, à accepter que de grands changements prennent parfois du temps.
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1 week ago
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