Christine Fréchette appelle à acheter québécois: un «bouclier» contre «l’intimidateur», dit-elle

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Christine Fréchette permettra au gouvernement d’acheter davantage de produits québécois et invite les consommateurs à en faire autant, afin de faire face à l’« intimidateur » Donald Trump. 

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La cheffe caquiste avait enfilé ses habits de première ministre, mardi matin, le temps d’un point de presse solennel dans ses bureaux de l’édifice Honoré-Mercier.

Les décrets adoptés par son gouvernement la veille permettront aux institutions gouvernementales d’ouvrir les appels d’offres uniquement aux entreprises québécoises ou canadiennes.

Québec espère ainsi aider les entreprises frappées pas les contre-tarifs canadiens imposés en riposte aux nouvelles attaques du locataire de la Maison-Blanche.

D’autres mesures favoriseront également l’achat local par l’État québécois, dont une exigence de 15 % de contenus produits ici dans des projets de constructions d’une valeur de 9,2 M$ et moins.

« Concrètement, on va se servir des achats du gouvernement comme d’un bouclier pour exiger des produits fabriqués ou transformés ici pour protéger nos entreprises », a expliqué la première ministre sortante lors de son allocution.

À l’épicerie aussi

Les consommateurs québécois sont aussi invités à préférer des produits locaux, dans la mesure du possible. « Si chacun, chaque famille, se met à augmenter de 25 $ par semaine ses achats auprès d’entreprises québécoises, ça va injecter au terme 3 milliards $ dans l’économie », a-t-elle noté.

« C’est clair, le Québec fait face à un intimidateur. Face à lui, on a deux choix : soit on s’incline et on finit à genoux, soit on garde la tête haute et on se tient debout », a déclaré Christine Fréchette.

« Comme première ministre, j’ai fait mon choix, je vais me tenir debout pour le Québec », a-t-elle lancé avant de remonter dans son autobus de campagne électorale.

• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Benoit Dutrizac, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :

Stratégie nuisible

Mais pour le chef du Parti Québécois, la stratégie retenue par Christine Fréchette risque de se retourner contre les entreprises québécoises.

Si les États-Unis décident d’adopter les mêmes mesures, « des entreprises québécoises qui font affaire aux États-Unis vont en payer le prix », note Paul St-Pierre Plamondon, tout en notant que l’économie américaine est « 60 fois plus grosse » que celle du Québec.

Pour les mêmes raisons, il déplore l’approche « dollars pour dollars » adoptée par le gouvernement Carney.

La mesure risque de passer inaperçue au sud de la frontière. « Mais cette même quantité de tarifs au Québec entraînera une récession sévère, fort probablement », craint-il.

Instrumentaliser la crise

Le chef libéral, lui, affirme que Christine Fréchette a été la seule, parmi les premiers ministres provinciaux, à tenir un conseil des ministres spécial et une conférence de presse, mardi matin.

« Quand on vous parle d’instrumentaliser une crise, vous en avez un exemple patent ici », estime-t-il.

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