De plus en plus de camionneurs ontariens veulent remplacer leur permis de conduire ontarien par l’équivalent québécois, a appris Le Journal.
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« C’est énormément plus facile d’obtenir son permis de conduire en Ontario par rapport au Québec, donc ils viennent ici par après », estime le camionneur d’expérience Robert Coulombe.
Il y a deux ans, ce dernier dénonçait la sous-traitance des examens routiers en Ontario, qu’il qualifiait de « capharnaüm total ».
Ces derniers jours, Le Journal a demandé à la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) combien de camionneurs ontariens ont demandé de troquer leur permis de conduire pour l’équivalent québécois.
Nous avons appris que leur nombre est passé de 299 en 2021 à 392 l’an dernier, en hausse de plus de 30 %.
Début juillet, le gouvernement Fréchette a imposé un examen pratique aux camionneurs ontariens de moins de deux ans d’expérience qui s’installent au Québec pour faire le ménage.
« J’ai vu des horreurs »
Mais pour le chauffeur Robert Coulombe, c’est trop peu, trop tard, car de nombreux chauffeurs ontariens ignorent trop souvent encore les règles de sécurité de base.
« J’ai vu des horreurs, témoigne-t-il. Certains se font exploiter à tour de bras. Ils ne savent pas freiner. Je n’ai jamais vu autant de camions versés de côté ».
Pour Marc Cadieux, PDG de l’Association du camionnage du Québec (ACQ), la hausse du nombre de camionneurs ontariens mérite qu’on s’y attarde.
« On devrait se poser plus des questions pour mieux comprendre ce phénomène-là », estime-t-il.
Au Québec, il manque encore environ 5 000 camionneurs, et plus de la moitié ont plus de 55 ans. La pression pour recruter est donc forte.
« Peut-être que certains chauffeurs viennent au Québec pour une meilleure qualité de vie ou parce qu’ils pensent qu’ils seront plus respectés qu’en Ontario ? », s’interroge à voix haute Benoit Therrien, président de Truck Stop Québec, un média de 342 000 membres.
Crise dans le transport
Au Québec, une enquête publique se penche actuellement sur les décès impliquant des camions lourds.
Depuis le 15 décembre, une formation est désormais obligatoire pour prendre le volant d’un camion 18 roues chez nous.
L’an dernier, J.E. et Le Journal ont enquêté à Brampton, où des immigrants ont dénoncé des employeurs et des recruteurs qui profitaient de leur vulnérabilité.
Quelques mois plus tard, Le Journal a révélé qu’un lobbyiste, proche allié et donateur du premier ministre Mark Carney, faisait pression sur Ottawa pour empêcher un resserrement des règles visant les chauffeurs au rabais.
Camionneurs ontariens ayant demandé un permis québécois
2021 : 299
2022 : 208
2023 : 182
2024 : 339
2025 : 392
Source : Société de l’assurance automobile du Québec
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