Référendum, tramway, troisième lien et rôle de l’État dans l’économie. Ces thèmes ont été au cœur d’un débat électoral fort animé et au ton parfois acrimonieux qui a opposé cinq candidats de la région de Québec au scrutin du 5 octobre.
Ces derniers ont croisé le fer, lundi soir, à l’occasion du traditionnel débat de la Chambre de commerce et d’industrie de Québec (CCIQ).
Rapidement, la libérale Julie White a accusé son rival péquiste Pascal Paradis d’avoir pour seule « obsession » de tenir un référendum synonyme, à ses yeux, « d’incertitude économique ».
Piqué au vif, le péquiste a répliqué que c’est surtout son adversaire qui « génère la peur » chez les électeurs en tentant de ramener systématiquement ce thème.
Plus tard dans le débat, le solidaire Etienne Grandmont a suscité quelques murmures dans la salle lorsqu’il a dû résumer, en une seule phrase, son principal engagement pour la Capitale-Nationale. Sa priorité serait d’entreprendre les démarches en vue de l’indépendance du Québec, a-t-il revendiqué.
Attaques conservatrices
De son côté, la candidate conservatrice Maïté Blanchette Vézina s’est très souvent portée à l’attaque contre ses quatre rivaux. Sur le tramway de Québec, elle a avancé que le gain en temps de déplacement serait limité et que le mégaprojet ne dessert pas les banlieues comme Val-Bélair ou Shannon.
Ces affirmations ont été contredites par M. Grandmont qui a mis l’accent sur les retombées économiques du tramway.
S’en prenant au gouvernement caquiste sortant, Mme Blanchette Vézina a réitéré que ce n’est pas le rôle de l’État de « choisir les gagnants et les perdants » et que « ce n’est pas par l’État que tout va passer ».
Réponses de la CAQ
La caquiste Marie-Josée Morency a paru sur la défensive à plusieurs reprises. Sur le troisième lien, elle a subi les attaques croisées des candidats du PQ et de Québec solidaire.
« Je ne suis pas Bernard ! », a-t-elle lancé lorsque ces derniers ont remis sur le tapis des critiques exprimées par le caquiste Bernard Drainville, le printemps dernier. Lors de la course à la chefferie de la CAQ, ce dernier disait ne pas croire à la version du troisième lien interrives proposée par Christine Fréchette (il a changé d’avis depuis).
Le risque que ferait courir le troisième lien pour le statut patrimonial de l’UNESCO du Vieux-Québec a également été évoqué par M. Paradis. Mme Morency a alors promis la construction d’un « pont magnifique [qui] puisse s’intégrer dans le patrimoine de l’UNESCO ».
Interrogés quant au statut de la Capitale-Nationale, les cinq prétendants au poste de député ont offert des réponses consensuelles portant sur l’importance que la loi soit renforcée pour que les principales réunions diplomatiques aient lieu à Québec. À ce sujet, Mme Morency a reconnu qu’il y a eu certaines « erreurs » au cours des dernières années et elle a promis de rectifier le tir.
Prioritaire aux yeux de la CCIQ, l’immigration est revenue quelques fois sur le tapis. Le PQ a été accusé de nuire à la région en abaissant les seuils annuels provinciaux à 35 000. M. Paradis a rejeté ces critiques en évoquant l’importance de la régionalisation de l’immigration et en soutenant pouvoir s’entendre avec le maire de Québec, Bruno Marchand, à ce sujet.
Ce qu’ils ont dit
« On ne peut pas parler des propositions du Parti Québécois sans en parler [du référendum]. C’est l’article 1 de leur programme. C’est drôle. On ne veut pas en parler quand on parle d’économie. Pourtant, un référendum ça a des impacts très importants sur l’économie [...] Dès qu’on en parle, on se fait dire ‘campagne de peur’», Julie White, Parti libéral du Québec.
« Qui va sérieusement prétendre au Québec que nous cachons notre option (souverainiste) alors que nous avons été fermes selon nos convictions et que note chef en a parlé à chacun des trois débats nationaux ? », Pascal Paradis, Parti Québécois.
« C’était animé. Un bon débat [...] J’ai bien compris que le Parti Québécois abandonnait la région [de la Capitale-Nationale] puis priorise un référendum », Maïté Blanchette Vézina, Parti conservateur du Québec.
« On perd du temps avec ça [le 3e lien], c’est épouvantable. Je ne vois pas comment on pourrait aller saccager l’île d’Orléans (dans le projet conservateur)», Etienne Grandmont, Québec solidaire.
« J’ai choisi le parti. J’ai choisi Mme Fréchette. J’ai choisi le renouveau. Je suis très à l’aise. Je m’attendais à avoir ces échanges un peu plus tendus [...] Je ne regarde pas les sondages. Je reste quand même positive parce que c’est pas ça que j’entends sur le terrain », Marie-Josée Morency, Coalition Avenir Québec.
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