Ces mots du premier ministre Honoré Mercier résonnent encore aujourd’hui. En 1889, les Canadiens-français étaient divisés politiquement, ce qui réduisait grandement notre capacité à défendre nos intérêts collectifs face à un gouvernement fédéral de plus en plus centralisateur et de moins en moins respectueux des francophones. Ces derniers étaient notamment confrontés à l’exécution de Louis Riel et aux nombreuses lois visant à supprimer l’usage du français partout au Canada.
Mercier, en utilisant ces mots, lançait un cri de ralliement national pour tous ceux qui avaient à cœur le Québec, sa langue, sa culture, sa différence. Cette union élargie était à ses yeux nécessaire pour freiner notre déclin de l’époque, ce qui impliquait de mettre de côté certains différends.
Nous sommes aujourd’hui 137 ans plus tard. Le contexte a certes évolué, mais sur le fond, les enjeux demeurent les mêmes. Nous sommes à une période cruciale de notre histoire. Le Canada se bâtit sans nous, et surtout, en nuisant à notre avenir à tant de niveaux. Pensons au déclin historique de notre langue, à la minorisation de notre culture, à la marginalisation de notre poids démographique et politique dans le Canada. Pensons également aux politiques migratoires fédérales dont la démesure engendre de graves conséquences sur le logement, les services et la capacité d’intégration qui garantissent notre paix sociale. Aux sempiternelles chicanes fédérales-provinciales pour se faire respecter ou se faire rembourser. Aux 5 milliards manquants dans les transferts en santé, aux différents pouvoirs qu’on refuse de nous transférer, au rapport d’impôt unique, à la prédation de nos champs de compétence, aux abus dans le pouvoir fédéral de dépenser qui ne respecte ni la lettre ni l’esprit de la constitution, et j’en passe.
Pérénnité
Chers amis caquistes nationalistes, je sais que plusieurs d’entre vous partagez le même idéal que nous. Notre désaccord est parfois sur l’opportunité de tenir un référendum dans le contexte actuel, ou sur le moment idéal pour le faire. Je sais que certains d’entre vous, pour qui le Québec passera toujours en premier, constatent bel et bien les limites évidentes de la doctrine des « gros gains » dans le Canada, mais demeurent également à convaincre sur la faisabilité de notre projet d’indépendance.
Mais je sais au fond de nous que nous nous entendons sur l’essentiel de ce que je viens de mentionner. Nos constats et nos craintes sont partagés. Nos solutions ou notre calendrier peuvent diverger, mais comme la cause qui nous anime — la pérennité du Québec dans sa différence linguistique et culturelle, de même que la pérennité financière d’un Québec asphyxié par le gaspillage et le déséquilibre fiscal avec Ottawa — demeure sans l’ombre d’un doute, ce qui nous donne une réelle chance de nous unir. Comme sous Mercier, la menace évidente d’un déclin qui est indéniable, nous convie à ce sens du devoir.
Ce qui m’amène à l’essentiel : je prends la plume pour vous tendre la main. Tendre la main à tous ceux qui sont déçus de la défaite de Bernard Drainville, et qui ont à cœur l’avenir du nationalisme québécois.
Union
Il y a peu de différence entre le discours de la nouvelle cheffe de la CAQ, Christine Fréchette, et celui du chef libéral, Charles Milliard. Sur le fond des choses, lorsqu’elle était ministre de l’Immigration, Christine Fréchette a mené la politique la plus immigrationniste de l’histoire du Québec, une politique qui aurait pu être mise en place par le PLQ. Les discours qu’elle a tenus dans les dernières années, ainsi que son bagage, sont essentiellement les mêmes que ceux de Charles Milliard : celui du lobby économique issu des chambres de commerce. Ce lobby qui a toujours été dans la logique du « toujours plus » en immigration et en subventions juteuses à la grande entreprise, ignorant nos capacités d’accueil et financières, et les conséquences sur le logement, le français et les services publics.
Alors que les libéraux souhaitent nous ramener des années en arrière en matière de laïcité, de protection du français, d’immigration et de lutte à la corruption, l’heure de s’unir est plus que jamais arrivée. Nous, les nationalistes québécois, les bleus, avons le devoir de tout faire en notre pouvoir afin d’éviter ce scénario qui ferait reculer le Québec comme jamais auparavant sur ce qui nous est existentiel.
Au Parti Québécois, comme vous, on est fermement convaincus que les Québécois méritent de faire leurs propres choix, librement, que ce soit pour l’épanouissement de leur langue, de leur culture, le choix de leur modèle de vivre-ensemble ou une saine gestion des finances publiques. C’est l’essentiel. Nous pouvons nous unir autour de ce désir d’autonomie que le Parti Québécois portera avec plus de vigueur que la CAQ, mais aussi autour d’une volonté légitime de ne pas revoir le Parti libéral du Québec venir achever leur œuvre d’affaiblissement du Québec.
Donc, à tous ceux qui pensent que le Québec gagnerait à être plus autonome, plus libre, je vous tends la main : vous aurez toujours une place au Parti Québécois. Notre porte est grande ouverte.
Paul St-Pierre Plamondon,
Chef du Parti Québécois
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1 week ago
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