Des influenceurs financiers non qualifiés sévissent sur YouTube, TikTok et Instagram, et des Québécois perdent de l’argent en suivant leurs conseils.
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C’est ce que révèle un rapport publié jeudi par Option consommateurs.
Quatre Canadiens sur dix suivent au moins un finfluenceur, le terme désignant les influenceurs spécialisés en finances. YouTube, Facebook et Instagram sont leurs plateformes de prédilection.
Une étude du Swiss Finance Institute citée dans le rapport démontre que 56 % de ces gourous du web ne sont pas qualifiés pour donner des conseils en investissement. Pire : suivre leurs recommandations entraîne des rendements mensuels anormaux de -2,3 %.
La chercheuse Clarisse N’Kaa, avocate chez Option consommateurs, a mené des groupes de discussion avec 26 Canadiens qui suivent des finfluenceurs. Résultat : trois participants sur 26 ont perdu de l’argent en appliquant leurs conseils.
« Son affaire paraissait beaucoup trop ambitieuse, voire irréaliste. On nous expliquait qu’on deviendrait bien riche », témoigne l’un d’eux.
Zone grise légale
Au Canada, aucune loi ne vise spécifiquement les finfluenceurs. La Loi sur les valeurs mobilières exige une inscription auprès de l’Autorité des marchés financiers pour donner du conseil personnalisé.
Plusieurs finfluenceurs se couvrent avec des formules du genre « ce n’est pas un conseil financier ». Or, selon la jurisprudence québécoise citée dans le rapport, ces avertissements ne valent rien si l’activité exercée constitue bel et bien du conseil.
L’obligation d’inscription découle de l’activité réelle, pas des mises en garde affichées.
Le problème : la loi actuelle prévoit une dispense d’inscription pour les conseils non personnalisés. Une zone grise dont profitent allègrement les finfluenceurs, et que les consommateurs ne comprennent pas.
La grande majorité des participants aux groupes de discussion percevaient le contenu qui leur était présenté comme un conseil personnalisé, même quand ce n’était pas le cas légalement.
Les épargnes des Québécois en jeu
La France a imposé une formation obligatoire et un certificat spécifique aux finfluenceurs financiers. L’Australie définit clairement ce qui constitue un conseil financier et donne des exemples concrets en ligne. L’Union européenne exige la divulgation de l’identité et des conflits d’intérêts de quiconque fait des recommandations d’investissement.
Ici, rien de tel n’existe, même si les Québécois suivent moins les finfluenceurs que le reste du pays, 30 % contre 44 % en Ontario.
Option consommateurs recommande que les gouvernements précisent la notion de conseil financier, exigent la divulgation du statut professionnel des finfluenceurs et collaborent avec les plateformes pour retirer les publications non conformes.
En attendant ces réformes, la règle de base reste la même : avant d’investir un seul dollar sur la parole d’un inconnu en ligne, consultez un conseiller inscrit auprès de l’AMF.
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2 weeks ago
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