De nombreux produits vendus chez Costco affichent bien en évidence le mot « Canada » sur leur emballage, mais proviennent plutôt des États-Unis, semant la confusion chez les consommateurs qui tentent de bouder les produits américains en pleine guerre commerciale.
« Ces appellations prêtent à confusion et devraient être plus faciles à comprendre pour le consommateur, surtout dans un contexte de guerre tarifaire lors de laquelle les Québécois veulent acheter local », plaide auprès du Journal Josiane Cormier, présidente de l’Association des producteurs de fraises et de framboises du Québec.
Sur les sacs de fraises et de bleuets congelés de la marque Kirkland, la mention « CANADA A » apparaît bien en vue à l’avant. Idem pour les sacs de légumes mélangés ou les pois verts surgelés.
La précision selon laquelle ces aliments proviennent des États-Unis n’est visible qu’au dos, en petit.
« Il y a certaines pratiques qui existent depuis fort longtemps, qui n’ont jamais été un problème, mais qui le sont aujourd’hui en raison des tensions tarifaires », commente Sylvain Charlebois, spécialiste de l’industrie agroalimentaire et professeur à l’Université Dalhousie, à Halifax.
Les deux experts reconnaissent que la compagnie respecte la loi, bien que l’affichage semble trompeur.
Maplewashing
Costco n’est pas le seul détaillant visé par les critiques. À la suite d’un appel à tous de notre chroniqueur Pierre-Olivier Zappa, de nombreux consommateurs lui ont envoyé des photos montrant des contenants susceptibles d’induire le client en erreur.
Par exemple, sur un grand pot de fécule de maïs Fleischmann’s, la mention « Fécule de maïs Canada » est affichée à l’avant, tandis que « Produit des États-Unis » est presque cachée à l’arrière.
« Ça respecte les règles, mais on pousse la donne un peu », lance M. Charlebois.
Des Québécois qui étaient contents d’avoir payé leur douzaine d’œufs 2,99 $ chez Maxi il y a deux semaines ont déchanté, une fois à la maison, quand ils ont constaté que les œufs venaient des États-Unis. Le logo « USDA » est écrit en très petit sur l’emballage.
« Ce qui sème la confusion, c’est qu’il y a une feuille d’érable insérée dans certains logos des États-Unis », constate Sylvain Charlebois.
Ce phénomène est appelé maplewashing ou Canadian washing.
Il y a un an, une demande d’action collective avait été déposée contre Loblaw, Metro, Sobeys, Tigre Géant et Walmart, car ces chaînes auraient affiché de nombreux produits avec des étiquettes mensongères laissant croire que des aliments étaient des produits québécois ou canadiens alors que ce n’était pas le cas.
Changements demandés
« Il y a une certaine souplesse voire un laxisme trop grand pour les normes d’identification des produits importés », pense Josiane Cormier.
La semaine dernière, la Fédération des producteurs d’œufs du Québec demandait d’ailleurs une meilleure identification de la provenance des œufs.
« Avec ce qui se passe actuellement, il y a peut-être raison de réviser les règles d’identification », renchérit M. Charlebois.
Au moment d’écrire ces lignes, Costco n’avait pas donné suite à notre demande d’entrevue.
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3 days ago
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