Le premier ministre Mark Carney a annoncé hier une sérieuse nouvelle pour les consommateurs. La suspension dès lundi de la taxe d’accise sur l’essence devrait avoir un impact immédiat de 10 sous le litre à la pompe. Cela compensera une partie de la hausse causée par la guerre en Iran.
Je note au passage que M. Carney est plus que confiant de son taux d’appui dans la population. Il aurait pu être tenté de faire cette annonce avant les élections partielles, afin de donner une poussée à ses candidats. Évidemment, on lui aurait reproché d’être opportuniste et électoraliste. Or, il a gagné les trois partielles sans cela. Il a fait la populaire annonce à 10h le lendemain.
Soulagement
Cette baisse de taxe arrive à point nommé. Les consommateurs en ont plein les bras de tous les éléments qui, depuis quatre ans, ont exercé une pression à la hausse sur le coût de la vie. La nourriture et le logement se retrouvent au sommet du palmarès des pressions sur le portefeuille des ménages. Mais il n’y a pas que ça.
Si votre voiture se brise, le coût des réparations, pièces et main-d’œuvre, fait peur. En fait, si tout appareil ou système fait défaut dans votre maison, votre budget mange un coup. Les assurances auto ou habitation, les taxes municipales, les restaurants, les paiements hypothécaires, on n’en finit plus d’énumérer les pressions sur nos portefeuilles.
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Danger connu
La décision du gouvernement fédéral est bonne, mais attention, j’ai une crainte. Le regretté premier ministre Bernard Landry craignait obsessivement que des intermédiaires s’approprient une partie des baisses de taxes destinées aux consommateurs. C’est une méfiance particulièrement justifiée dans ce cas-ci, puisque le gouvernement suspend la taxe pour cinq mois. Le jeu de la concurrence peut rester bien imparfait sur un court terme.
La suspension de la taxe d’accise prend donc effet lundi, je vous soumets un scénario. Cette taxe prélève dix sous sur chaque litre vendu. Imaginons que les pétrolières en profitent pour se prendre un sou de plus. Et les raffineurs un sou de plus. Et votre détaillant un sou de plus. Oups ! Votre litre d’essence n’est plus réduit de dix cents, mais plutôt de sept.
Imaginez pire ! Chacun des acteurs de la chaîne se prend deux petits sous. Alors vous ne récolterez même plus la moitié de ce que le gouvernement tenait à vous remettre.
Dans l’état actuel de tension pour les consommateurs, je fais appel à tous les acteurs de l’industrie pour résister à cette honteuse tentation. Vous me qualifierez de naïf optimiste de lancer un tel appel.
Question d’être moins naïf, je me demande si le gouvernement, qui se prive de deux milliards et demi de revenus pour soulager les contribuables, ne devrait pas prendre certaines mesures. Pourquoi pas un mandat spécial au Bureau de la concurrence pour surveiller l’évolution des prix et des marges à partir du congé de taxe ?
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1 week ago
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