Il y a 20 ans, un tireur fou marquait le Québec au fer rouge en ouvrant le feu dans le Collège Dawson. Une vingtaine de personnes ont été blessées et Anastasia De Sousa, 18 ans, a été tuée. Famille, amis et survivants racontent comment ils ont trimé dur pour se reconstruire, pendant que la police mettait les bouchées doubles pour apprendre de ses erreurs.
Avec une balle logée pour de bon dans son cou et les « fragments » d’une autre derrière la tête, un miraculé de la fusillade du Collège Dawson tient depuis 20 ans une promesse de se servir de la tragédie comme une « deuxième chance » à la vie.
« Ma mère a toujours dit que j’avais la tête dure, donc ça a été utile », badine en entrevue Hayder Kadhim.
Il avait moins le cœur à rire le 13 septembre 2006, quand il a eu le malheur de se retrouver sur le chemin de Kimveer Gill.
Le tueur de 25 ans, armé jusqu’aux dents, a ouvert le feu avant de rentrer dans le Collège Dawson.
C’est à ce moment qu’une première personne devant Hayder Kadhim a été atteinte à la tête. Il a été le prochain dans la mire de l’assaillant.
« Je suis tombé moi-même après avoir reçu les balles. Le tireur, je ne l’ai jamais vu. C’était peut-être une demi-seconde », détaille celui qui a aujourd’hui 37 ans.
- Écoutez le balado du Journal « Histoires de crimes » sur les 20 ans de la fusillade au Collège Dawson :
« Zone de guerre »
Soudainement, il était « comme dans une zone de guerre ». D’autres coups de feu résonnaient. Des cris se faisaient entendre.
Sous l’adrénaline, Hayder Kadhim a couru à toute vitesse vers une autre intersection « un peu plus calme ».
Il a plus tard découvert qu’un projectile avait transpercé son mollet. Un autre avait fracturé son crâne sans le pénétrer, y laissant des « fragments ». Un troisième s’était logé dans sa nuque. Il s’y trouve d’ailleurs toujours, comme il était trop dangereux de le retirer.
« J’essayais de reprendre mon souffle, puis il y avait comme du vent qui frappait ma chair à l’intérieur », décrit-il.
Même s’il perdait du sang et qu’un policier lui avait fait réaliser la gravité de ses blessures, l’étudiant cherchait à garder son calme.
« J’ai fait un pacte avec Dieu, l’univers ou peu importe comment on l’appelle, que si ce ne sont pas mes derniers moments, je vais certainement en profiter pour maximiser ma vie et l’impact positif que je peux avoir dans le monde », indique-t-il.
Vie complètement normale
Hayder Kadhim a été dans le coma pendant une vingtaine d’heures. Son rétablissement physique et psychologique s’est ensuite amorcé.
« Cette fusillade est devenue une partie de mon identité, convient M. Kadhim. J’ai toujours utilisé cette expérience-là comme une source [d’inspiration], j’ai survécu à ça, je peux survivre à d’autres [obstacles]. »
Même s’il souffre de douleurs au cou, Hayder Kadhim mène aujourd’hui une vie « complètement normale ».
Avec son entourage, le survivant dirige une entreprise d’investissement immobilier et est directeur des ventes chez Apple.
« C’était vraiment une deuxième chance. C’est l’interprétation de mes blessures », insiste le père de deux jeunes enfants.
.png)
2 days ago
17
















Bengali (BD) ·
English (US) ·