9 ans pour des cocktails molotov lâchement lancés dans une chambre où dormaient 2 enfants

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Un homme de Lévis qui a balancé deux cocktails Molotov au hasard dans une fenêtre de chambre d’enfants où il a gravement blessé une fillette a écopé jeudi d’une peine de neuf années de détention.

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L’inexplicable geste posé par Jason Pothier-Martin le 20 août 2022 avait provoqué des brûlures au troisième degré sur un pied d’une fillette de trois ans.

Son frère de neuf ans se trouvait aussi dans la chambre qui s’était rapidement embrasée quand le délinquant y a lancé deux cocktails Molotov.

La petite avait été sauvée par son beau-père, qui a relaté au procès avoir pris l’enfant dans son lit en réalisant que son pyjama et sa doudou étaient en flammes.

Elle a ensuite dû subir plusieurs chirurgies, dont une greffe de peau.

Photo des brûlures de la victime de l’incendie pour lequel Jason Pothier-Martin a été reconnu coupable.

Photo des brûlures de la victime de l’incendie pour lequel Jason Pothier-Martin a été reconnu coupable. Photo d'archives déposée en preuve au tribunal

Jeudi, Pothier-Martin a été condamné à une peine de neuf ans de pénitencier par le juge Pierre Lortie.

La sentence est de huit ans pour l’incendie criminel et une année supplémentaire puisque le délinquant était sous le coup d’une interdiction de posséder des substances explosives au moment des faits.

Geste inexpliqué

Le magistrat a qualifié « d’inexpliqué » mais surtout « d’inexplicable » le geste criminel de Pothier-Martin, qui est demeuré impassible, la tête baissée, lors du prononcé de la peine.

« Les circonstances aggravantes abondent dans ce dossier », a fait remarquer le juge Lortie, dénonçant le caractère « imprévisible » du criminel à la feuille de route bien garnie.

La seule piste d’explication du geste est une courte interaction survenue dans l’heure précédant le crime entre l’accusé et le beau-père des enfants, qui se sont croisés devant la résidence, sans s’échanger quelque mot que ce soit.

Jason Pothier-Martin a été reconnu coupable d’incendie criminel après avoir lancé deux cocktails Molotov dans un appartement, le 20 août 2022, à Lévis.

Jason Pothier-Martin a été reconnu coupable d’incendie criminel après avoir lancé deux cocktails Molotov dans un appartement, le 20 août 2022, à Lévis. Photo d'archives tirée du Facebook de Jason Pothier-Martin

Le procureur au dossier, Me Fabien Villemaire, avait qualifié le sort de l’enfant de « sinistre loterie » lors des observations sur la peine.

Il estime que cette « zone d’ombre qui persiste » a été déterminante dans le sort de Pothier-Martin.

« C’est une peine qui est supérieure à la fourchette des peines habituellement applicables, qui sont groupées entre trois et sept ans. On considère que ça représente les gestes posés », a évalué le procureur, qui réclamait une sentence « exemplaire » de 11 ans.

Séquelles à vie

À sa sortie de la salle, la grand-mère des enfants s’est dite soulagée de pouvoir tourner la page sur le processus judiciaire, ajoutant toutefois que la famille ne pourrait jamais enterrer le sombre souvenir qu’a jeté Jason Pothier-Martin sur leur vie.

Parce que malgré les quatre ans qui ont passé, la jeune fille conserve des séquelles physiques et psychologiques de l’événement, tandis que son grand frère garde toujours des « blessures mentales ».

« Ça va nous rester toute la vie. Tout ce qu’on a subi. C’est une page tournée, mais pas oubliée », a insisté la grand-mère, que l’on ne peut identifier pour protéger l’identité de la petite.

Photo d'archives déposée en preuve au tribunal

La longueur des procédures judiciaires, exacerbée par la trentaine de reports demandés par l’accusé et ses changements répétés d’avocats, aura elle aussi laissé des marques.

Parce que même s’il a été condamné à neuf ans, il reste à Pothier-Martin environ trois ans à purger en raison de la détention provisoire qui compte pour six ans.

Son avocat, Me Louis Belliard, avait plaidé pour que son client soit « temps fait » après cette période préventive.

« Il n’a aucune émotion, aucun remords. Je l’ai sur le cœur », a déploré la femme.

Ce qu’ils ont dit :

« Oublier, non. Pardonner, non plus. Mais [une peine de] neuf ans, il y aura au moins ça qui est fait. »
La grand-mère de la petite victime de Jason Pothier-Martin

« Ce qui a pesé le plus lourd selon moi est qu’on ne connaîtra jamais les raisons du passage à l’acte, ce qui fait qu’il est impossible pour le système d’empêcher une récidive, de prévoir ce qui pourrait y mener. Ce qui restait donc au système, c’était d’isoler l’accusé de façon durable. »
Me Fabien Villemaire, procureur de la Couronne

Me Fabien Villemaire, procureur aux poursuites criminelles et pénales, le jeudi 2 octobre 2025, au palais de justice de Québec.

Me Fabien Villemaire, procureur aux poursuites criminelles et pénales, le jeudi 2 octobre 2025, au palais de justice de Québec. Photo d'archives, Pierre-Paul Biron

« Le manque de collaboration de l’accusé et son absence d’ouverture empêchent l’établissement d’un diagnostic ou d’un plan de traitement qui permettraient d’aller à la source du problème. Devant une telle énigme, le futur est incertain et préoccupant. »
– Le juge Pierre Lortie

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