Un entraîneur d’équitation réputé de Mont-Saint-Hilaire subit depuis lundi matin son procès pour avoir agressé sexuellement sept femmes, dont plusieurs étaient de jeunes athlètes.
Les faits reprochés à Francis Berger se seraient déroulés pendant près de trois décennies, entre 1993 et 2022, tant au Québec qu’en Floride. L’homme de 57 ans fait face à une quinzaine d’accusations, dont agressions sexuelles et exploitation sexuelle.
Une femme aujourd’hui âgée de 42 ans, dont l’identité est protégée par un ordre de la cour, a raconté comment son entraîneur d’équitation était à la fois « amical » et « contrôlant » avec elle lors de ses années d’adolescence passées à son centre.
Elle a expliqué comment Berger lui aurait posé une main sur une cuisse ou dans le bas du dos lors d’entraînements et que cela était « banalisé, normalisé ».
« Mais il n’y a pourtant jamais personne d’autre qui m’a touchée sur mon cheval, à part à mon talon ou mon pied », a-t-elle témoigné en visioconférence.
Celle qui est encore aujourd’hui passionnée d’équitation s’était même rendue à trois reprises avec Francis Berger en Floride pendant plusieurs semaines pour des compétitions.
Dans sa chambre en boxer
En 2001, l’accusé l’aurait invitée dans sa chambre, prétextant vouloir lui donner une crème antidouleur.
« La lumière est tamisée. Il est assis sur son lit, en t-shirt et en boxer », s’est-elle rappelée.
La cavalière, qui avait à l’époque 17 ans, s’est assise au bout du matelas. Mais son entraîneur serait venu la rejoindre et aurait commencé à lui masser les épaules tout en la tirant vers lui.
Lorsqu’elle s’est levée pour se déprendre, elle aurait senti son érection.
« J’ai eu un malaise intense, je comprenais ce qui se passait. Dès qu’il a commencé, je me suis dit : il faut que je me sorte d’ici », a-t-elle mentionné.
Elle a déménagé ses chevaux vers une écurie peu après son retour au Québec.
Francis Berger aurait fait sept victimes, dont la majorité évoluaient dans le milieu équestre. Certaines étaient mineures et rêvaient de participer aux Olympiques.
Lors du procès qui se déroulera pendant deux semaines au palais de justice de Saint-Hyacinthe, la poursuite compte démontrer un modus operandi similaire pour les victimes.
Thérapeute victime
« J’ai carrément figé », a raconté une première femme à prendre la barre lundi matin.
Elle est la seule à ne pas avoir évolué dans le domaine équestre. Elle lui aurait prodigué des soins thérapeutiques chez elle.
Francis Berger se serait couché nu sur la table de massage, une situation peu commune selon la femme de 64 ans. Alors qu’elle le massait, l’accusé lui aurait frotté la cuisse.
« Laisse-toi aller [...] Ça nous ferait du bien », lui aurait alors dit Berger.
Lors d’une rencontre subséquente, Berger aurait répété ses attouchements, puis aurait été en érection et éjaculé lors du traitement.
« Je n’ai pas donné mon consentement », a mentionné la sexagénaire.
Elle n’a plus accueilli Francis Berger à son domicile du Centre-du-Québec. Mais l’accusé lui aurait envoyé quelques mois plus tard des photos de son pénis en érection.
L’homme de 56 ans est aussi accusé de non-respects de conditions, notamment pour avoir donné des leçons d’équitation à une mineure malgré une interdiction.
Son procès, présidé par la juge Anne-Marie Beauchemin, se poursuit mardi.
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