Si vous n’étiez pas dans le coma, vous avez vu ou entendu parler du dernier vox pop de l’humoriste Guy Nantel, qui cartonne sur les réseaux de manière hallucinante.
Micro à la main, Nantel pose des questions TRÈS compliquées à des gens dans la rue.
Où se trouve le Québec sur cette carte ? La fille pointe l’Ontario.
Qui est le chef de l’Équipe Christine Fréchette ? Bernard Drainville, répond une dame.
Loufoque
Nantel montre une photo de Paul St-Pierre Plamondon et demande son nom.
SSPP, SPPS, Pierre-Paul, Sébastien, Simon, Pierre St-Luc Plamondon.
Nantel brandit une photo de Charles Milliard. La fille se lance : Charles... Aznavour ?
Une dame qui porte un macaron de QS est incapable de reconnaître Ruba Ghazal sur une photo.
Mme Ghazal devient tour à tour « Gaza », « Ghana », « Garzabo », « ça ressemble à rhubarbe », etc.
L’armée serait une compétence municipale et Hydro-Québec relèverait d’Ottawa.
Comme il y a 127 sièges à pourvoir, demande Nantel, combien faut-il en remporter pour avoir une majorité ?
Les réponses sont burlesques : « 54 », « 50 », « 27 », « 76 », « 80 ».
Après avoir essuyé mes larmes, je contacte Nantel.
Je veux savoir comment il fonctionne pour mieux apprécier la représentativité de ces spécimens.
Il me répond longuement, gentiment, et je l’en remercie.
Il rencontre entre 17 et 20 personnes, pas davantage, et le tournage prend à peine deux heures.
Il n’a pas besoin de chercher longtemps pour trouver ces perles.
Environ 40 % des répondants connaissent les bonnes réponses et sont écartés du montage final.
Parmi la douzaine qui reste, il y a habituellement autant de bonnes réponses que de mauvaises.
Mais, comme dit Nantel, « les mauvaises sont souvent spectaculaires ».
Bref, la démarche n’est certes pas scientifique comme le serait un sondage, mais les réponses absurdes sont si faciles à trouver et vont si loin qu’elles donnent un réel aperçu de la profondeur de l’ignorance.
Nantel me dit qu’il y a même des gens qui attendent leur tour en ligne pour être interrogés et étaler leur ignorance.
Ils sont prévenus qu’on ne retiendra que les mauvaises réponses, qu’ils seront reconnus, et qu’on va se moquer d’eux.
Et ils donnent leur consentement.
Grave ?
Nantel m’explique que ce n’est pas mieux en France ou en Ontario, où il a déjà fait l’exercice, et que ce n’est ni mieux ni pire aujourd’hui qu’hier.
Dans son vox pop de 2018, des gens dans des rassemblements partisans étaient incapables de nommer le chef du parti qu’ils s’étaient déplacés pour soutenir.
L’ignorance, me dit Nantel, n’a pas d’âge, pas de frontières, pas d’époque et pas de famille politique.
Une fois qu’on a fini de rire, faut-il s’en inquiéter ? Est-ce grave ? Quelles en sont les conséquences ?
Je vais approfondir cette réflexion dans une prochaine chronique.
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3 days ago
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