Selon Gilles Bélanger, les projets gouvernementaux de transformation numérique nous mèneraient tout droit vers une « une dérive budgétaire suicidaire ». Ouf.
En entrevue avec Le Journal, l’ex-ministre de la Cybersécurité et du Numérique n’y est certainement pas allé de main morte.
Sa crainte principale est qu’en plus de dépassements coûts répétitifs à coups de milliards cumulés, l’État cède aussi sa souveraineté numérique et des données confidentielles des citoyens à des méga firmes privées non québécoises.
Sa sortie-choc s’inscrit dans la foulée du scandale SAAQclic et de la Commission Gallant alors que le gouvernement caquiste enclenche sous les projecteurs les deux projets cobayes de Santé Québec pour le Dossier santé numérique (DSN).
Le même jour, Radio-Canada rapporte que le mégaprojet informatique de la justice au Québec, avec ses coûts élevés et ses délais interminables, est également placé « sous surveillance ».
N’en jetez plus. La cour des contribuables fatigués de se faire saigner à blanc est archi pleine.
Pour les uns, Gilles Bélanger serait le proverbial canari dans la mine. Pour d’autres, il ne serait qu’un homme frustré d’avoir été exclu du cabinet par la par la nouvelle première ministre Christine Fréchette pour l’avoir embarrassée en sonnant l’alerte sur la place publique.
Se préoccuper du message
En plus du traumatisme SAAQclic, l’alarme sonnée par l’ex-ministre l’a pourtant obligée à prendre le contrôle de la supervision du DSN au détriment de Santé Québec, supposément « indépendante » du politique.
Les journalistes d’enquête savent aussi que les motivations des sonneurs d’alerte comptent passablement moins que de vérifier la véracité de leurs allégations.
Dit autrement, il importe de se préoccuper plus du message que des intentions réelles ou imputées du messager. Force est ainsi de prendre au sérieux ne serait-ce qu’une partie des avertissements de M. Bélanger.
Car si personne ne doute de la nécessité des virages numériques, la question de leurs coûts et de leur qualité en est non moins cruciale.
L’an dernier, La Presse rapportait que de 2015 à 2025, les gouvernements au Québec avaient accordé pour 40 milliards de dollars en contrats d’informatique. La somme est proprement colossale.
Hémorragie financière
Selon Gilles Bélanger, plus de 20 milliards $ seraient aussi « engloutis » dans les prochains dix ans dans la transformation numérique de l’État. Du moins, si rien n’est fait pour redresser ce gouvernail détraqué ici comme au fédéral.
Nous voilà donc propulsés au cœur du problème pour les Québécois.
Soit que si ces montants gargantuesques s’avéraient fondés sans qu’en plus l’État ne se donne pas sa propre souveraineté numérique, ce sont les services publics qui, malgré des besoins croissants, en pâtiraient inévitablement.
Idem pour les infrastructures et une culture fragilisée en mal évident de soutien financier. Que dire aussi de l’accès déjà scandaleusement limité à un système de justice beaucoup trop coûteux pour la majorité des citoyens ?
En vue des prochaines élections, que proposeront les autres partis pour tenter de juguler l’hémorragie financière des virages numériques ?
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1 week ago
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