Vieillir avec Brendan Gallagher, jusqu’au bout

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Si vous n’avez pas souri en voyant le but de Brendan Gallagher mercredi soir, fan ou pas du Canadien, vous êtes probablement un cyborg. Votre robot aspirateur vous fait peut-être de l’œil.

Moi, j’ai bondi. Je ne sais pas pour vous. Je n’y croyais pas tant que ça. Mais j’espérais que ça arrive.

Amateur fini ou pas du Canadien, si tu aimes le hockey et que tu vis au Québec, tu t’es probablement attaché avec le temps à Gallagher. On a un peu grandi avec lui. Comme lui avec nous. Il est passé d’un ado malcommode sans poil au menton à un père de famille au crâne dégarni.

Quand il est arrivé avec le Canadien, Pauline Marois était au pouvoir.

Eli Manning gagnait sur le Super Bowl. On ne pouvait pas payer nos achats avec notre téléphone. Facebook entrait en bourse.

Moi, je sortais de l’école. Là, je suis marié avec deux enfants, un chien, une maison, une tondeuse et un épluche-patates électrique.

J’ai déjà acheté un t-shirt de Gallagher à mon filleul quand il commençait le hockey. Là, il joue au collégial et s’est acheté une voiture.

Déjouer tout le monde

Durant 14 ans, Gallagher était là, dans nos télés, qui se sont elles-mêmes transformées pendant ces années. Ma Toshiba de l’époque n’arrivait pas à suivre la rondelle.

Photos Ben Pelosse 4

Et il a été un modèle inspirant pour tellement de jeunes joueurs de hockey. Pas grand, pas vite, pas fort, pas de main, pas de tir... il a été un choix de cinquième ronde après avoir été dominant au niveau junior.

Finalement, il est le 16e meilleur pointeur de son année de repêchage, même si 146 joueurs ont été choisis avant lui. Dans les dents ! Toute sa vie, il a déjoué les pronostics et les dépisteurs. Sa carrière est tout simplement irrationnelle. Encore une fois, mercredi, il a exposé, comme il l’a fait toute sa vie, qu’il était plus fort que la fameuse raison ou les supposées vérités du hockey professionnel. 

Il a tout donné. Et on dirait qu’il s’est pris une marge de crédit pour être encore capable d’en donner un peu. Et on veut vieillir avec lui jusqu’au bout.

Réfléchir avant tout

J’ai fait une longue entrevue avec lui plus tôt cette saison. Puisqu’il est capable d’en prendre, j’ai été très direct avec une question : « Comment fais-tu pour continuer ? Tu es lent, tu n’as pas de mains et tu n’as pas de tir ».

Sa réponse, qui a commencé par son bon vieux sourire en coin, était captivante.

Photo Martin Alarie

« Une partie importante de ce jeu, c’est de réfléchir. Réfléchir sur la séquence du jeu. Tu dois te placer dans une situation où tu es plus intelligent que le joueur que tu affrontes. Tu dois comprendre comment le jeu va se dérouler et tu dois comprendre ça plus rapidement que l’autre joueur, qui lui est peut-être plus rapide ou plus talentueux que toi. »

J’ai écrit mercredi matin que Gallagher devrait avoir sa chance, tant qu’à faire jouer Oliver Kapanen durant huit minutes. J’écrivais aussi qu’Alex Newhook avait le droit de faire un premier point. J’aurais dû miser, batinse.

C’est facile à écrire. Pour Martin St-Louis, c’est autre chose. Ça devient de sa faute si c’est une fausse bonne idée.

L’émotion, ça peut payer

Il a vu juste, même s’il n’y avait aucune logique d’envoyer Gallagher dans la mêlée.

C’était juste de l’émotion. Rien de rationnel. Pensez-y, au-delà de notre attachement à Gallagher.

Il n’a pas franchi les 18,8 miles à l’heure sur la glace mercredi. Je n’ai pas trouvé un gars plus lent en séries. Même Corey Perry. Le petit attaquant du CH ne suit plus. Il essaie de frapper. L’autre gars ne s’en rend pas compte. Son tir ressemble au jet d’un fusil à l’eau.

Photo Martin Chevalier

Mais on s’en balance. Les séries ne se gagnent pas à froid. On s’en sacre des statistiques, des projections, des probabilités, des habiletés, du rythme cardiaque, des tests physiques...

L’irrationnel peut faire gagner, en séries.

Quand tu as besoin d’un filet important, ce n’est pas « pourcentage de but attendu » que tu dois envoyer sur la glace, c’est peut-être Brendan Gallagher.

Y a des gars qui ont le pouvoir de changer l’air dans un aréna, comme lui.

On parle souvent des intangibles en séries. Gallagher a transformé ça en tangible sur un moyen temps.

Il a seulement joué six minutes. C’était bien en masse. Il n’a pas été si bon. Mais ce qu’il a amené, au-delà de son but, c’est énorme. Et c’est lui, comme une mouche intuable, le héros de ce qui était le match le plus important de l’année pour le Canadien.

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