Les services frontaliers ont intercepté une figure clé dans le financement du cartel de Sinaloa qui venait d’atterrir à l’aéroport Montréal-Trudeau sous une fausse identité la semaine passée, a appris notre Bureau d’enquête.
Selon nos informations, Diana Toro Diaz aurait tenté d’entrer au Canada sous un nom d’emprunt avant d’être interpellée par les autorités canadiennes à la suite d’un signalement du Département de la sécurité intérieure des États-Unis (DHS).
Diana Toro Diaz, 44 ans, est l’épouse d’Alejandro Flores Cacho, coordonnateur des opérations internationales de transport de la drogue du puissant cartel de Sinaloa (voir autre texte).
Tous deux sont dans la mire des autorités américaines, qui les ont désignés comme des trafiquants de stupéfiants internationaux en 2010.
Selon nos informations, les policiers se demandent ce que Mme Toro Diaz venait faire au Québec sous une fausse identité, à l’heure où les cartels mexicains sont de plus en plus impliqués dans le trafic de drogue au Canada.
Fait inquiétant, ils ont aussi découvert qu’elle avait visité le Québec à plusieurs reprises dans les dernières années, toujours grâce à de faux papiers.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission de Richard Martineau, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM Montréal :
Sanctions américaines
Vu son importance dans le financement de l’organisation criminelle, Diana Toro Diaz apparaît avec son mari sur la liste noire des sanctions américaines en vertu du « Kingpin Act ».
« Cette désignation vise le réseau de Alejandro Flores Cacho, qui a utilisé ses compagnies de cargo et ses sociétés pour transporter des drogues et de l’argent pour le compte du cartel de Sinaloa », écrit le département du Trésor dans un communiqué.
Dans un organigramme diffusé par le Département, la femme née en Colombie est décrite comme figure clé d’une cellule comptant huit « agents financiers » du cartel de Sinaloa.
Tout comme le frère de Flores Cacho, Diana Toro Diaz aurait servi de prête-nom pour les nombreuses sociétés de son mari, dont un restaurant, des compagnies de transport aérien, un ranch, une entreprise agricole et un club sportif.
La Colombo-Mexicaine avait déjà été incarcérée en 2006 en lien avec la saisie d’une cargaison de 5,5 tonnes de cocaïne à l’aéroport de Ciudad del Carmen, au Mexique, d’après le quotidien El Universal.
En 2007, elle a été remise en liberté faute de preuve.
Détenue en attendant
Diana Toro Diaz est détenue au Centre de surveillance de l’immigration de Laval depuis une semaine, dans l’attente que la Commission de l’immigration et du statut de réfugié (CISR) décide de son sort.
Elle pourrait éventuellement être extradée aux États-Unis pour faire face à la justice américaine.
La CISR n’avait aucune information publique à partager à son sujet.
– Avec la collaboration de Nicolas Brasseur
Mariée au boss des pilotes des narcos
Le mari de la Colombo-Mexicaine arrêtée la semaine dernière à Montréal-Trudeau était un simple pilote avant de mettre ses talents au service de l’une des plus puissantes organisations criminelles au monde.
Alejandro Flores Cacho a été identifié en 2010 par le Trésor américain comme la tête dirigeante d’un réseau de narcopilotes opérant entre l’Amérique du Sud, le Mexique et les États-Unis au service du cartel de Sinaloa.
Écoulant des tonnes et des tonnes de stupéfiants sur le marché américain, ce cartel mexicain ultraviolent était dirigé par Joaquin « El Chapo » Guzman avant qu’il ne soit condamné à la prison aux États-Unis.
Alejandro Flores Cacho, lui, a été formé comme pilote dans une école militaire du Mexique dans les années 1980.
École pour narcopilotes
Mais, quelques mois seulement après la fin de son parcours scolaire, il a entrepris ses premiers voyages en Colombie, où le cartel de Sinaloa avait des liens avec le cartel de Medellin.
C’est à ce moment qu’il s’est initié au transport de substances illicites, selon le média Infobae.
Au cours des années suivantes, le Mexicain d’origine a développé tout un réseau d’entreprises-écrans visé plus tard par des sanctions du Trésor américain.
Son organisation comprenait, entre autres, un hangar et une entreprise d’entretien d’aéronef, un transporteur de cargo basé dans la ville de Mexico ainsi que l’école « Capacitación Aeronáutica Profesional », qui formait les futurs pilotes du cartel.
L’établissement situé au centre du Mexique, aujourd’hui fermé, possédait au moins trois appareils qui servaient à l’entraînement des recrues.
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