Le train à grande vitesse (TGV) entre Toronto et Québec pourrait coûter 150 G$ selon un document interne obtenu par The Globe and Mail.
Cela inclut une bonne quarantaine d’années de dépenses d’exploitation et d’entretien, toujours selon le quotidien torontois.
À ce stade-ci, Alto, responsable du projet, évalue le coût de sa mise en place à entre 60 et 90 G$.
En juin, Paul St-Pierre Plamondon a affirmé qu’en retirant le Québec du projet de TGV, la part du Québec, évaluée à près de 40 G$, pourrait être réinvestie dans les routes, les hôpitaux, les écoles et le transport collectif.
Des revenus à prévoir
Au Journal, Alto rétorque que le document du Globe est une étude préliminaire vieille de trois ans, fondée sur les habitudes de déplacement de 2019, et qu’elle concluait déjà que « les revenus passagers dépasseraient les coûts d’exploitation ».
« Toute évaluation qui tient compte des coûts d’exploitation et d’entretien doit également tenir compte des revenus que le projet devrait générer afin de couvrir ces dépenses », souligne la porte-parole d’Alto, Caroline Des Rosiers.
« Lorsqu’on achète une maison, le prix d’achat n’intègre pas 40 années de dépenses futures liées au chauffage, aux assurances et à l’entretien », ajoute-t-elle.
De vives inquiétudes
Au Québec, ce projet inquiète déjà de nombreux agriculteurs.
L’Union des producteurs agricoles (UPA) dénonce le fait que le tronçon de 200 km Montréal-Ottawa traverserait environ 1700 propriétés, dont au moins 500 terres.
« Au-delà des superficies touchées, ce sont des entreprises, des familles, des emplois et des milieux de vie entiers qui risquent d’en subir les conséquences », indique-t-on.
« Les choix faits aujourd’hui marqueront durablement le territoire, fragiliseront notre autonomie alimentaire et pèseront sur l’avenir de nos régions », craint-on.
Alto se défend
Alto se dit au contraire être à l’écoute des agriculteurs et promet des actions concrètes.
On assure vouloir « réduire les impacts au maximum dès la conception du projet, privilégier les ententes négociées lorsque des acquisitions sont requises, maintenir l’accès de part et d’autre de l’infrastructure, assurer une compensation juste qui tient compte des impacts à long terme sur les exploitations agricoles ».
« Nous prévoyons des infrastructures adaptées afin de permettre aux citoyens, aux producteurs agricoles et aux services d’urgence de continuer à circuler de façon sécuritaire et efficace », conclut sa porte-parole Caroline Des Rosiers.
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