Un policier du SPVM a été suspendu pour avoir uriné sur un sans-abri alors qu’il était en service, un événement choquant qui plonge une fois de plus le corps policier montréalais dans l’embarras et qui enrage ses collègues de travail.
« Au poste, tout le monde est en cri*** », a tonné sous le couvert de l’anonymat une policière qui travaille dans le secteur du centre-ville. « Tout le monde veut qu’il démissionne. Pour vrai, ça va contre toutes nos valeurs. »
Cette policière d’expérience réagissait au nouveau scandale qui éclabousse vendredi matin le SPVM, le plus important corps policier municipal de la province.
Un policier œuvrant au centre-ville de Montréal, un secteur de la ville durement frappé par la crise de l’itinérance, aurait uriné sur un sans-abri durant ses heures de travail.
Geste stupide
La nouvelle, d’abord rapportée par La Presse, a pu être confirmée par l’Agence QMI auprès de sources policières.
Le contexte ayant mené l’agent à faire ses besoins sur l’homme vulnérable demeure toutefois inconnu.
L’affaire est finalement venue aux oreilles de la direction du corps policier et on a jugé que les allégations étaient suffisamment sérieuses pour suspendre le policier, qui cumule quelques années de service.
« Je suis renversé par cette histoire. La seule question que je me pose depuis ce matin, c’est : POURQUOI ? Pourquoi faire ça ? Je n’ai toujours pas trouvé la réponse », a insisté un autre policier qui n’est pas autorisé à parler aux médias.
« Y’a un côté de moi qui se dit que c’est impossible. On dirait que je ne veux pas y croire. C’est tellement stupide comme move, tu ne peux pas faire ça. Tu ne mérites pas de porter l’uniforme. On travaille tellement fort pour tisser un lien de confiance avec la population », a laissé tomber un autre patrouilleur.
Sur son compte X, la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a réagi à la nouvelle et souhaite que « toute la lumière soit faite » sur les événements.
« Les allégations concernant des agents du PDQ 21 sont très graves et heurtent cette dignité à laquelle tous ont droit. Je salue les policiers qui ont dénoncé cette situation. L’enquête doit maintenant suivre son cours », a-t-elle fait savoir.
Montréal-Nord
Cette nouvelle tuile qui s’abat sur le SPVM survient quelques mois seulement après le scandale de Montréal-Nord, alors qu’une équipe complète de patrouilleurs avait été démantelée à la suite d’allégations de gestes racistes posés à l’égard de citoyens.
L’affaire avait éclaté au grand jour à la mi-juin, avec la dissolution d’un groupe complet de 16 policiers travaillant au poste de quartier 39.
Trois d’entre eux avaient été suspendus, tandis que les autres avaient été affectés à des tâches administratives ou avaient été relocalisés ailleurs sur l’île. Un quatrième policier a été suspendu à la fin du mois d’août.
Selon ce que rapportait Le Journal à ce moment, certains policiers de l’équipe du poste 39 se seraient mutuellement encouragés à viser des personnes des communautés noires et arabes.
Ils auraient non seulement tenu des propos haineux, mais ils auraient collectionné des bouts de dreadlocks (rastas) des personnes interpellées, à la manière de trophées.
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