On raconte souvent que le Québec est devenu la province d’un seul sport. Même pas d’un seul sport, mais d’une seule équipe : le Canadien.
Avant, c’était juste pour Montréal, mais c’est sorti de l’île.
Même à Québec, si je veux être lu, j’écris sur le Canadien. Ça va pogner dix fois plus que n’importe quel autre sujet.
C’est triste pour les autres sports et athlètes. Mais c’est comme ça.
Mais cet été, je trouvais que c’était une bonne idée de me désintoxiquer du Canadien.
Durant les cinq semaines des séries du Canadien, j’ai écrit 40 textes. Au 41e, je pense que j’aurais été rendu à demander à Nick Suzuki comment il réussit à avoir une coupe de cheveux qui ressemble à une brosse. J’avais commencé à faire le tour.
C’était fou. C’était tellement plaisant. Je suis chanceux de pouvoir regarder du hockey, voyager et être payé pour ça.
Mais quand les séries ont pris fin, j’avais l’impression de faire une indigestion. Comme la fois où je me suis mis à trop aimer la Bud Light mangue pendant un mois. Là, dès que je vois une mangue, j’ai la nausée.
Je capotais sur l’ambiance et les émotions qu’on a vécues : la foule en délire, l’énergie au Centre Bell, les gars qui donnent tout, le jeu physique, la confiance de Dobes, etc.
Il y a quelques mais
Ce dont j’avais soupé, ce sont les points de presse vides, les débats sur le septième défenseur ou le quatrième ailier gauche, les fans qui perdent la notion de la réalité, les rumeurs qui viennent en fait du Père Fouras, les analyses des analyses, les experts qui n’ont jamais raison, les surchialeux, les suiveux et ceux qui se prennent trop au sérieux.
Bref, tout ça pour dire que j’ai pris le temps de contempler autre chose au Québec, durant l’été. Et je trouve que ceux qui croient que le cœur de Montréal ou de la province ne bat que pour le Canadien ont tort. C’est plutôt une illusion des amateurs de hockey qui sont encabanés dans un microcosme.
Je vous donne un exemple. Saviez-vous, avant la Coupe du monde, qu’autant de gens au Québec avaient dans leur tiroir un maillot de soccer ?
Ça m’a frappé. Je ne parle pas du centre-ville de Montréal. À Québec, c’était partout aussi. Les fanions sur les autos, les rassemblements, des chants, des restos tapissés de drapeaux...
C’était tellement beau à voir. Ça faisait du bien de voir autre chose que le Canadien qui faisait vibrer.
Fin mai, Montréal était présent pour la Victoire de Montréal, qui figure parmi les équipes qui accueillent les meilleures foules dans la ligue.
Malgré leur vieux stade, les Alouettes de Montréal démolissent tout et continuent de rallier les foules.
Le CF Montréal a enfin fait plaisir à ses partisans en allant chercher la vieille vedette Alexis Sanchez. Ça a donné une petite hausse d’achalandage. L’équipe remplit quand même, à chaque match, le stade aux trois quarts.
Le Beach Pro Tour (volleyball), au parc Jean-Drapeau, a accueilli près de 20 000 personnes.
En juillet, Montréal a battu un record pour l’assistance (20 996) pour un match de saison régulière de la Ligue nationale de basketball féminin avec la visite du Tempo de Toronto et des Wings de Dallas.
Fin août, la Super Ligue du Nord a présenté la plus grande foule de son histoire. C’était à Montréal, pour un match des Roses, qui ont accueilli 17 077 spectateurs.
Les Grands Prix cyclistes de Montréal et Québec accueilleront plus de 200 000 spectateurs ce week-end. On ajoute les Championnats du Monde route UCI qui se tiendront du 20 au 27 septembre et qui attireront près d’un demi-million de personnes à Montréal.
À Québec, pour la Ligue des Nations de volleyball, c’est plus de 31 000 personnes qui se sont déplacées, notamment avec un record pour un seul match. J’y étais, c’était fou.
La Ville de Québec a établi un record nord-américain d’affluence pour un match de la Ligue des nations. Plus de 12 000 spectateurs ont assisté au match entre le Canada et la France. Ce succès est la raison principale pour laquelle Québec sera l’une des villes hôtesses de la Coupe du monde en 2027. Courtoisie VOLLEYBALL WORLD
Les Capitales de Québec, au baseball, ont reçu plus de 200 000 personnes cette année, remplissant le stade à 85 % des matchs.
À l’Omnium Banque Nationale, près de 310 000 billets ont été vendus pour un tournoi qui a été ordinaire. C’est mieux que Paris ou Cincinnati, en passant.
Bref, mon point, c’est que les Québécois aiment aussi autre chose que le hockey. C’est une légende urbaine qu’il n’y a de la place que pour le Canadien. Les promoteurs sont au courant. Et on en a encore eu la preuve cet été. Les Québécois sont peut-être en couple avec le CH, mais rien ne les empêche d’aller voir ailleurs de temps en temps.
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3 days ago
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