Trump attaque la souveraineté du Canada de façon «odieuse et ridicule», affirme un analyste politique

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Le discours de Donald Trump et sa position dans les négociations avec le Canada ne tiennent pas la route et son pays pourrait en payer le prix au chapitre de la crédibilité, estime un spécialiste de la politique internationale.

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Plus de 24 heures après l’entrée en vigueur de nouveaux tarifs américains de 50 % sur de nombreux produits canadiens, le président des États-Unis a réagi pour la première fois.

Sur son réseau social Truth, le locataire de la Maison-Blanche a accusé le Canada de vouloir les avantages d’un État américain sans en être un et d’avoir imposé pendant « de nombreuses années » des tarifs douaniers « énormes » aux agriculteurs américains.

« Mécompréhension profonde »

« La manière dont il parle du commerce avec les agriculteurs relève d’une mécompréhension profonde et de son obsession pour un enjeu : le Wisconsin. Mais allez dire aux agriculteurs du reste du pays, par exemple, que la potasse canadienne est essentielle à leur capacité de fonctionner », a argumenté Guillaume Lavoie, membre associé de la Chaire Raoul-Dandurand, en entrevue à LCN, dimanche.

Ce dernier estime que la chambre d’écho qui répond à ce type de déclaration de Donald Trump est de moins en moins vaste.

« Peu de gens, à part peut-être ceux qui suivent le président Trump au quotidien, vont trouver qu’il y a un semblant de commencement de vérité là-dedans », soutient M. Lavoie.

Guillaume Lavoie, membre associé de la Chaire Raoul-Dandurand

Guillaume Lavoie, membre associé de la Chaire Raoul-Dandurand Capture d'écran LCN

La vision au cœur de la stratégie du président américain n’est tout simplement pas collée à la réalité, estime le spécialiste de la politique internationale.

« Lorsque les États-Unis achètent quelque chose ailleurs, il le conçoit comme si c’était une subvention avec le cœur sur la main. Alors, aux dernières nouvelles, quand vous allez faire l’épicerie, vous n’êtes pas en train de subventionner généreusement et gratuitement votre épicier si vous repartez avec un panier plein de choses », illustre Guillaume Lavoie.

Le Canada demeure un fournisseur important pour les Américains, mais également un client majeur pour les entreprises des États-Unis, rappelle-t-il.

« Il y a bien des gens aux États-Unis qui vont se poser des questions et à la face du monde, les États-Unis vont payer un prix de crédibilité. Si vous n’êtes pas capable de vous entendre avec le Canada, qui est votre voisin et votre partenaire historique, comment pourriez-vous possiblement négocier avec l’Iran, avec l’Union européenne, avec la Chine, avec l’Ukraine, avec la Corée du Nord ? De plus en plus de gens vont voir l’exemple du Canada comme peut-être il est temps de dire : “ça fera ” », clame le membre associé de la Chaire Raoul-Dandurand.

Souveraineté canadienne attaquée

Les informations émanant des négociations qui ont échoué dans la nuit de vendredi à samedi tendent à démontrer que la position de Washington était celle d’un pays qui souhaite avoir un droit de regard sur les décisions canadiennes.

« Les Américains n’exigent pas ça d’autres nations dans le monde, à tout le moins des nations souveraines », affirme Guillaume Lavoie.

« L’approche de Trump, c’est puisque je suis plus gros et plus puissant, je vais vous dicter exactement comment ça va se passer au quotidien. Comme si j’étais par-dessous votre épaule pour vous dire ce que vous aurez le droit de faire et ne pas faire dans l’avenir, et vous allez essentiellement me donner le monopole d’accès à vos ressources », ajoute-t-il.

Les minéraux critiques et l’énergie du Canada semblent être au cœur de cette approche américaine.

« Si vous n’avez qu’un seul client, c’est votre client qui est votre patron, votre client qui détermine combien vous pouvez payer. Et l’idée que le Canada dise “pour l’avenir, notre énergie et nos minéraux critiques, vous les aurez, peu importe les circonstances”, c’est véritablement un abandon de la souveraineté canadienne », résume le membre associé de la Chaire Raoul-Dandurand.

« Je comprends l’administration Trump d’avoir souhaité une situation comme ça, mais il est passablement odieux et franchement ridicule d’avoir imaginé que le Canada allait dire :“bien sûr, c’est tout à fait dans notre intérêt”. Et c’est là où Donald Trump, lui, voit le commerce comme une manière d’ambitionner, d’exploiter, bref, d’extraire une concession sur la base d’une menace », ajoute-t-il.

Pour voir l’entrevue complète, visionnez la vidéo ci-haut.

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