Christine Fréchette et Paul St-Pierre Plamondon vont se livrer un bras de fer épique pour imposer leur version de la question de l’urne le 5 octobre. La stabilité face à Trump, ou la volonté de changement après huit ans de CAQ, déterminera qui formera le prochain gouvernement.
En perte de vitesse dans les sondages, Paul St-Pierre Plamondon n’a pas apprécié que la cheffe caquiste lance déjà un appel aux souverainistes ramollis par la guerre tarifaire samedi.
Christine Fréchette a probablement dégainé un peu trop tôt la carte du vote stratégique.
En courtisane, elle a fait de l’œil à ceux tentés par l’indépendance, qui pourraient lucidement conclure à l’échec d’un référendum tenu d’ici quatre ans.
Le chef péquiste est sorti rapidement pour répliquer et recadrer le débat à sa façon.
Les « lucides » vont surtout réaliser « qu’un vote pour Christine Fréchette, c’est un vote pour la CAQ », a-t-il insisté, conscient qu’il ne pouvait céder un pouce à l’autre version de l’histoire.
Qu’est-ce qui trottera dans la tête des électeurs incertains, avant d’aller voter ?
C’est probablement ce qui scellera l’issue de l’élection.
La peur
Christine Fréchette a carburé à l’effet Trump depuis la nouvelle salve de tarifs américains et l’échec des négociations.
Elle a plutôt bien campé son rôle de PM en gestion de crise jusqu’ici.
La tentation de trop miser sur l’anxiété économique pourrait toutefois devenir un piège.
PSPP martèlera qu’elle mène une campagne de peur pour masquer l’héritage de la CAQ.
• Regardez aussi ce podcast vidéo tiré de l'émission Rizqy-Villemure, diffusée sur les plateformes QUB et simultanément sur le 99.5 FM
Duhaime et le 418
Si les sondages successifs cristallisent l’affrontement entre PSPP et Fréchette pour la formation du gouvernement, Éric Duhaime a un rôle important à jouer dans le scénario.
Le chef conservateur a mis le paquet dès les premiers jours en se présentant comme le champion des baisses d’impôt et de taxes.
Il étire joyeusement l’élastique en soutenant qu’un gouvernement conservateur couperait 47 milliards $ de dépenses de l’État sans vraiment affecter les services, pour financer l’élan de générosité envers les contribuables.
Il mène toutefois une campagne bien mieux ficelée qu’en 2022.
Le conservateur fait mouche en s’engageant notamment à éliminer la TVQ sur la vente des biens usagés, promesse la plus souhaitée des Québécois selon un sondage Léger.
Duhaime se pose en défenseur des démunis, pour gruger à gauche les derniers appuis de Québec solidaire, et son style libertarien de droite plaît dans la grande région de Québec.
Si Fréchette perd ses comtés du 418 parce que le PCQ passe la gratte, elle aura beau chauffer le PQ dans le 450 et des régions, sa remontée tombera à court.
C’est un défi pour la cheffe caquiste, puisque la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches ont été amèrement déçues du gouvernement Legault et ses promesses brisées de troisième lien.
On comprend aussi pourquoi PSPP continue de miser sur un ancien animateur de Radio X aux propos controversés dans Charlevoix–Côte-de-Beaupré.
Son rêve de gouvernement passe aussi par une bonne récolte dans la grande région de Québec.
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2 weeks ago
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