Son bébé né avec la tête déformée: une mère renvoyée quatre fois à la maison faute de personnel à l’hôpital

1 week ago 14

Une mère a connu un accouchement dramatique après avoir été renvoyée quatre fois à la maison, notamment à cause du manque de personnel à l’hôpital de Salaberry-de-Valleyfield.

« C’est honteux de m’avoir retournée à la maison, déplore Marie-Pier Lefebvre. Je me suis sentie comme une merde. J’aurais voulu être encadrée, c’était mon premier accouchement. »

Âgée de 27 ans, Mme Lefebvre a donné naissance à son fils James, le 17 octobre dernier à l’Hôpital du Suroît. Le petit garçon est né avec une tête déformée.

La tête de James à la naissance, après avoir passé environ deux heures dans le bassin maternel.

La tête de James à la naissance, après avoir passé environ deux heures dans le bassin maternel. PHOTO FOURNIE PAR Marie-Pier Lefebvre

Les parents ne comprennent toujours pas qu’on les ait renvoyés à la maison, la veille, malgré les contractions.

« On ne voulait pas partir. On nous a dit qu’il n’y avait pas assez de chambres, pas assez de personnel », se rappelle très bien la mère.

La semaine dernière, Le Journal révélait que cinq bébés sont décédés à l’accouchement dans cet hôpital, depuis 2019. Les mères ont toutes déploré une négligence dans les soins.

« Personnel limité »

Le 16 octobre dernier, le travail avait commencé de façon spontanée pour Marie-Pier Lefebvre. La résidente de Salaberry-de-Valleyfield s’était rendue à l’hôpital, mais avait eu congé après un monitoring.

Dans l’après-midi, la femme avait rendez-vous avec sa médecin pour un suivi de grossesse. Puisque la mère est en surpoids, elle s’était fait dire que l’accouchement était considéré « à risque ».

« La médecin m’a dit : tu t’en vas directement à l’hôpital, ils vont te mettre dans une chambre », poursuit Mme Lefebvre. Or, il manquait de personnel à l’hôpital ce jour-là.

Dans une note du dossier médical de Mme Lefebvre, on peut lire : « personnel limité au CME [centre mère enfant] actuellement », et « éviter acc [accouchement] de nuit ».

Vers minuit, le couple a été renvoyé à la maison une quatrième fois. Il avait reçu des instructions sur les bienfaits du bain chaud et devait rappeler au besoin.

« J’étais stressée, je braillais dans l’auto », avoue la femme.

À sept heures du matin, elle a senti une pression.

« Je pensais que c’était la poche des eaux. Mais c’était la tête du bébé », dit-elle encore sous le choc.

Une fois à l’hôpital, la femme a accouché sans avoir le temps d’obtenir une péridurale.

Deux heures dans le bassin

« Il était gris-violet à la naissance, je pensais qu’il ne respirait pas. J’étais en panique », confie la jeune mère.

Il présentait un chevauchement crânien important après être resté environ deux heures engagé dans le bassin maternel, a écrit une ostéopathe.

Photo Pierre-Paul Poulin

Aujourd’hui, l’enfant a un retard de développement moteur. Les parents espèrent que leur fils ne gardera pas de séquelles. Ils ont porté plainte à l’hôpital pour les soins reçus.

« Je n’ai plus confiance, avoue Mme Lefebvre. On veut un deuxième enfant, mais je ne sais même pas où je vais pouvoir accoucher et me sentir en sécurité. »

Une pénurie de personnel qui mène à des incidents « catastrophiques »

La pénurie de personnel dure depuis plusieurs années et mène aujourd’hui à des incidents « catastrophiques » à l’hôpital du Suroît, dénonce le syndicat des infirmières.

« Ça fait tellement longtemps que je décris le manque de personnel criant. On est rendus à des événements catastrophiques », déplore Mélanie Gignac, présidente du syndicat local des infirmières (FIQ) pour le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de la Montérégie-Ouest.

La présidente de la FIQ en Montérégie-Ouest, Mélanie Gignac

La présidente de la FIQ en Montérégie-Ouest, Mélanie Gignac Capture tirée de TVA Nouvelles

Pas de pénurie

Cette dernière n’était pas étonnée que le dossier médical de Mme Lefebvre évoque du « personnel limité » en obstétrique, le 16 octobre dernier.

Par courriel, la direction du CISSS a refusé de commenter ce cas précis. On assure qu’il n’y a pas de manque d’effectifs la nuit, mais que les activités cliniques sont diminuées « car les besoins sont généralement moins grands ».

L'Hôpital du Suroît à Salaberry-de-Valleyfield

L'Hôpital du Suroît à Salaberry-de-Valleyfield Photo Pierre-Paul Poulin

On ajoute aussi qu’en début de travail, il est courant de recommander un retour à domicile avec consignes.

« Les équipes s’appuient sur des protocoles et des outils standardisés pour guider l’évaluation et assurer une prise en charge cohérente et sécuritaire », écrit le CISSS.

Concernant les drames en obstétrique rapportés par Le Journal dans les dernières années à cet hôpital, le syndicat refuse de jeter la pierre aux infirmières.

Combinaison parfaite

« Je ne remettrai pas en doute la compétence des employés. [...] Malheureusement, avec un système de santé défaillant, ce sont les combinaisons parfaites pour qu’arrive un événement irréversible », dit Mme Gignac.

Selon la FIQ, les décès de poupons ont eu un impact majeur sur la santé mentale de l’équipe soignante.

« Plusieurs sont jeunes. Ça marque des infirmières en début de carrière. »

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