Sécurité des interventions: les policiers du SPVM seront munis de caméras portatives

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Les policiers du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) seront munis de caméras portatives et mieux protégés contre les insultes et les propos haineux, ont annoncé vendredi les autorités municipales, qui promettent ainsi de renforcer la sécurité dans la métropole.

L’un des projets révélés aujourd’hui prévoit d’équiper 3500 policières et policiers de caméras portatives et environ 600 véhicules de patrouille de caméras véhiculaires et de lecteurs automatisés de plaques, peut-on lire dans un communiqué de presse de l’administration Martinez Ferrada.

« Les caméras peuvent protéger tant le citoyen que le policier », a illustré la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, lors d’un point de presse.

La mairesse Martinez Ferrada assure que les caméras portatives joueront un rôle neutre et serviront à protéger tant les citoyens que les policiers.

Photo Agence QMI, JOEL LEMAY 

La mairesse Martinez Ferrada assure que les caméras portatives joueront un rôle neutre et serviront à protéger tant les citoyens que les policiers.

La Ville prévoit une enveloppe de 40 M$, en plus d’une possible contribution du gouvernement du Québec, pour l’instauration progressive de ces équipements.

Il faudra néanmoins attendre jusqu’à un an avant de voir les premières caméras portatives sur les agents du SPVM. On prévoit que l’ensemble des policiers seront munis de ces appareils d’ici trois ou quatre ans.

La « charrue avant les bœufs »

Fady Dagher, directeur du SPVM, promet une « transparence totale » à l’égard de ces équipements et que les policiers ne pourront pas choisir des moments où ils filment ou non les interventions.

Et toutes les vidéos ne se retrouveront pas dans l’espace public afin de préserver la vie privée, a-t-on assuré.

Fady Dagher indique que les caméras portatives permettront d’avoir un regard global sur les interventions policières et d’éviter des accusations sur la place publique fondées sur des informations partielles.

Photo Agence QMI, JOEL LEMAY 

Fady Dagher indique que les caméras portatives permettront d’avoir un regard global sur les interventions policières et d’éviter des accusations sur la place publique fondées sur des informations partielles.

« Les caméras nous permettront d’avoir un respect mutuel de part et d’autre », a assuré Fady Dagher, directeur du SPVM.

La Ligue des droits et libertés dénonce toutefois le manque de consultation publique avant l’imposition de tels équipements.

« L’administration municipale met la charrue avant les bœufs », a déclaré Lynda Khelil, porte-parole de l’organisme.

Règlement contre les insultes

Un règlement sera également adopté pour mieux protéger les employés municipaux, dont les policiers, contre les insultes, les menaces et les gestes d’intimidation.

« Le but n’est pas d’imposer davantage de contraventions, mais plutôt de prévenir les atteintes à la dignité », a martelé Yves Francœur, président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal.

Yves Francoeur, président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal, appuie l’annonce des caméras portatives au SPVM.

Photo Agence QMI, JOËL LEMAY 

Yves Francoeur, président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal, appuie l’annonce des caméras portatives au SPVM.

« Nous devons féliciter l’arrivée d’un nouvel outil qui favorisera des échanges plus courtois, et qui a été réclamé depuis un long moment », a-t-il ajouté.

Fady Dagher a mentionné qu’un cadre précis sera instauré pour déterminer ce qui constitue une insulte.

« La liberté d’expression n’est pas un droit absolu », a-t-il nuancé.

Un doigt d’honneur envoyé à un policier pourrait par exemple être considéré comme une insulte.

Policières insultées

La vidéo d’une policière victime de propos injurieux de la part d’un automobiliste avait suscité de nombreuses réactions en mars dernier.

Cette politique permettra de mieux protéger ces femmes, qui représentent 37 % de l’ensemble des policiers de Montréal et qui sont majoritairement ciblées par ces comportements dégradants.

Mohamed Bekkali  a récemment fait les manchettes pour avoir insulté vertement une policière de Montréal.

PHOTO FOURNIE PAR UNE SOURCE 

Mohamed Bekkali a récemment fait les manchettes pour avoir insulté vertement une policière de Montréal.

Les autorités auront également davantage de moyens pour s’assurer que les employés municipaux, comme les bibliothécaires, pourront travailler dans un environnement sain.

L’administration mettra finalement en place un registre volontaire de caméras privées. Les citoyens et les commerçants pourront rendre leurs images accessibles s’ils souhaitent contribuer à une enquête.

– Avec la collaboration de Marianne Lafleur

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