C’était beau à voir : plus de 2 000 amateurs réunis pour manifester pacifiquement contre la possible expropriation du circuit Sanair par l’administration de la Ville, qui affirme avoir levé la main pour le projet de construction d’une école secondaire. Les manifestants étaient des locaux, des gens des villes avoisinantes et des amateurs qui tiennent à ce que l’on conserve le circuit et les activités qui s’y rattachent. Devant le petit hôtel de ville de Saint-Pie, qui compte moins de 6 000 habitants, plus de 2 000 personnes s’étaient rassemblées.
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Organisée par Laurent Proulx et Dany « Babu » Bernier, celle-ci s’est déroulée dans le calme et la discipline. Parce que l’objectif n’était pas d’aller y « flasher » sa mécanique, mais de réellement se mobiliser pour la cause. Naturellement, le passage d’Éric Duhaime et de son autobus électoral a beaucoup fait jaser. Autant dans les médias que sur place. Ce dernier a prononcé un discours en harmonie avec ce qu’il qualifie de « guerre à l’auto », soulignant qu’il existe d’autres lieux pour construire une école et que les amateurs de sport automobile ont aussi droit d’avoir leur endroit.
Pourquoi s’était-on retrouvé en ce 1er septembre devant l’hôtel de ville à 18 heures ? Parce qu’il s’y tenait l’assemblée générale mensuelle, durant laquelle les citoyens peuvent aller témoigner ou effectuer des demandes. Vers 18 h 30, j’ai décidé d’entrer et d’y assister en compagnie de Dany Bernier, au moment où le maire Mario St-Pierre débutait son discours d’ouverture, la voix chancelante. Ce dernier a insisté en précisant que le projet d’expropriation n’en était qu’à une première phase et que l’on était loin d’en être à l’ultime étape. Il a en outre souligné de ne pas céder au chantage et à l’intimidation, rappelant avoir été victime de vandalisme.
Or, l’annonce d’une possible expropriation (par des numéros de lots et sans jamais avoir dûment nommé Sanair) lors de l’assemblée mensuelle du 4 août (alors que tout le monde était en vacances...) démontrait à elle seule le manque de transparence de l’administration de Saint-Pie. Elle aurait soi-disant levé la main à une proposition du Centre de services scolaire de Saint-Hyacinthe, qui souhaite y construire une école secondaire, pour effectuer une réserve foncière.
Connaissant les conflits de longue date entre la Ville de Saint-Pie et feu Jacques Guertin (fondateur du circuit), et sachant que ce dernier a remporté chacune de ses batailles, l’impression d’une vendetta de M. St-Pierre est plus que palpable. Sans compter le fait que sa famille immédiate est propriétaire de plusieurs terres avoisinant le circuit, et ce, depuis fort longtemps. J’ai donc pris le micro à la barre de l’assemblée pour questionner le maire sur sa relation passée avec M. Guertin, en disant au passage que mon impression personnelle était celle d’une lutte sans merci. Ce à quoi il a répondu avoir été copain-copain avec lui. Faux !
Et puis, je lui ai demandé si l’administration de la Ville de Saint-Pie avait fait des calculs relatifs aux retombées économiques que pouvait apporter le circuit Sanair. Sa réponse : « Le dépanneur situé juste derrière le circuit a fermé. Voilà qui dit tout ». Ça, c’est la réponse du maire de Saint-Pie. Pas de chiffres, et pas la moindre idée. Et voulez-vous savoir le pire ? Ledit dépanneur a fermé ses portes à cause d’une fuite de gaz et de conformité. Pas parce que le circuit ne lui apportait pas de clientèle.
Je ne suis pas un citoyen de Saint-Pie. Je n’ai pas non plus d’intérêt direct ou personnel dans l’entreprise du circuit Sanair. Mais cette injustice, puisqu’il s’agit bien de cela, m’horripile. Toute cette situation pue le conflit d’intérêts, donne l’impression d’une revanche ultime, alors que les citoyens de la ville n’ont rien demandé. Et juste pour vous illustrer à quel point la situation est tordue, j’ai pu discuter par hasard avec Ronald Brunet, le propriétaire du Napierville Dragway, célèbre piste d’accélération. M. Brunet m’a confié avoir été approché - l’an dernier - par la Ville de Napierville afin de savoir s’il était disposé à vendre et, par conséquent, à fermer son circuit. La cause ? Napierville manifestait de l’intérêt pour ce terrain en vue d’y construire... une école secondaire ! Tiens, tiens... Drôle de hasard, n’est-ce pas ? M. Brunet a répondu ne pas vouloir vendre, et l’administration n’a pas insisté davantage.
Je ne crois pas aux coïncidences. Pas deux secondes. Et je crois encore moins à ce projet d’école sur les terres contaminées du circuit Sanair, en opération depuis 1969. Sauver Sanair pour que les amateurs et les services d’urgence puissent continuer de l’exploiter demeure l’objectif ultime, mais j’oserais dire que de freiner les intentions d’une administration qui ne montre pas patte blanche dans le dossier fait aussi partie de cette lutte que les amateurs et citoyens de la ville mènent depuis quelques semaines.
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1 week ago
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