Les critiques du candidat libéral Farnell Morisset sur la loi 101 ont été vivement dénoncées par la CAQ et le PQ, jeudi. Mais son chef, Charles Milliard, lui, préfère passer à un autre appel.
Le ministre de la Langue française, Jean-François Roberge, a qualifié de « fallacieux » les propos tenus par l’info-influenceur dans une capsule diffusée à ses milliers d’abonnés.
Farnell Morissett y affirmait que la nouvelle mouture de la Charte de la langue française permet au gouvernement de fouiller dans les ordinateurs, les cellulaires et les voitures des citoyens à leur insu.
Québec, ajoutait-il, pourrait même éventuellement utiliser « la langue comme prétexte pour fouiller les cellulaires des gens pour d’autres raisons ».
« Non, le pouvoir d’inspection administrative conféré par la Charte de la langue française ne peut pas être utilisé à d’autres fins que ce qui est prévu dans la loi », affirme Jean-François Roberge dans une déclaration écrite.
Les pouvoirs accordés à l’OQLF servent à permettre « l’application de la Charte de la langue française dans les entreprises, rien de plus », ajoute le ministre.
Ceux-ci sont similaires aux moyens accordés à d’autres organismes, affirme-t-il.
« Le candidat libéral trompe donc les gens en parlant d’atteinte à la vie privée. Il insinue clairement que le gouvernement utiliserait la Charte pour aller fouiller dans la vie personnelle des citoyens. C’est de la désinformation. C’est inacceptable », dénonce le ministre Roberge.
Le PQ aussi
Le Parti Québécois a aussi dénoncé les propos du candidat influenceur.
« Est-ce que les Québécoises et les Québécois vont être étonnés de voir un candidat du Parti libéral du Québec qui s’attaque aux lois qui protègent la langue française et qui ont comme objectif de nous permettre de nous développer, de prospérer en français au Québec ? » a demandé le député Pascal Paradis, au cours d’un point de presse en Mauricie.
Les propos du candidat ont révélé « la vraie nature » du PLQ, estime Pascal Paradis.
Milliard ferme la porte
Ce n’est pas la première fois qu’une sortie de Farnell Morisset cause des remous. Dans le cadre d’un balado, début juillet, le candidat libéral avait affirmé que la souveraineté du Québec devrait demeurer une option dans le cadre d’éventuelles négociations constitutionnelles avec le gouvernement fédéral.
En entrevue avec TVA Nouvelles, jeudi, le chef Charles Milliard a très brièvement commenté les nouvelles déclarations de son candidat.
« C’est une interprétation de la loi, d’une brèche potentielle », a-t-il fait valoir.
Comme le rapportait notre Bureau parlementaire, les constitutionnalistes sont eux-mêmes divisés : deux experts consultés ont vivement critiqué les propos de Farnell Morisset, l’un d’eux qualifiant ce type d’argument d’« assez délirant », tandis qu’un troisième lui donnait partiellement raison.
« Moi, d’aucune façon, je n’accuse le gouvernement d’utiliser cette tactique-là », a précisé Charles Milliard.
Le chef libéral a rappelé que Farnell Morisset s’est expliqué sur le sujet, en précisant notamment qu’un inspecteur pourrait tomber sur des données personnelles dans le cadre d’une inspection en entreprise.
« Pour moi, c’est un dossier clos », a-t-il conclu.
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1 week ago
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