Kervens Gino Estimable, arrivé au Québec à l’âge de 2 ans, a réussi à s’intégrer dans son pays d’accueil grâce à l’École des Grands, un programme de mentorat fondé à Montréal-Nord qui l’a aidé à devenir plus autonome.
« Oh que oui ! » répond-il sans hésiter lorsqu’on lui demande si l’École des Grands a contribué à sauver son parcours scolaire.
Ce programme parascolaire gratuit offre de l’aide aux devoirs à des élèves du primaire sélectionnés en raison de leurs difficultés à l’école.
« Grâce à ça, je suis devenu plus indépendant », a indiqué M. Estimable, qui a décidé une fois rendu au collège d’offrir à son tour de son temps pour mentorer des jeunes. « Mon but, c’est d’être plus qu’un mentor, je veux être comme un modèle pour eux. »
Aider 100 000 enfants par année
Pendant l’année scolaire, des élèves en difficulté d’apprentissage se rendent à leur école le samedi, où un autobus les amène au cégep afin qu’ils puissent découvrir à quoi peuvent ressembler les études postsecondaires.
« Mon petit frère a appelé ça l’École des Grands parce qu’on allait prendre un enfant par la main et l’amener à l’école des grands, donc au cégep de son quartier », a expliqué Alisha Wissanji, fondatrice du programme de mentorat, qui dit vouloir faire briller ce lieu d’apprentissage afin de donner envie aux élèves de faire leurs devoirs le samedi.
Depuis 2015, ce sont 5000 jeunes à travers le Québec qui ont pu bénéficier de cette aide lors de leur parcours scolaire. L’École des Grands est déjà implantée dans le tiers des centres de services scolaires et dans la moitié des cégeps de la province.
L’objectif est d’aider 100 000 enfants chaque année d’ici 10 ans, a affirmé Mme Wissanji.
« Notre mission, c’est de contribuer à l’égalité des chances. Donner un réel accès à la richesse éducative aux populations vulnérables », a indiqué la femme née à Granby de parents originaires d’Afrique.
Le décrochage scolaire coûte près de 14 milliards $ aux Québécois chaque année. Selon les analyses d’impact divulguées par la Fondation W, organisme cofondé par Mme Wissanji, chaque dollar investi permettrait d’économiser jusqu’à 1000 $ pour la société québécoise.
« Notre vision, c’est de prévenir et réduire la pauvreté par l’éducation », a-t-elle poursuivi.
Cérémonie en présence de la mairesse de Montréal
Samedi dernier, lors de la cérémonie de remise de diplômes des 43 élèves participants au programme du cégep de Rosemont et de l’école primaire Guillaume-Couture, les sourires des enfants étaient au rendez-vous.
Plusieurs ont eu la chance de rencontrer la mairesse de Montréal et de se prendre en photo avec elle, un souvenir qui restera gravé dans la mémoire de beaucoup d’entre eux.
« C’est sûr que ça me rend fier, et si je peux donner un peu de fierté parce que je suis là, ce sera ma façon de contribuer au projet », a affirmé Soraya Martinez Ferrada en entrevue après la cérémonie.
Elle-même issue de l’immigration, la mairesse Martinez Ferrada croit qu’il faut élargir ce programme ou d’autres initiatives similaires pour que tous les enfants du Québec aient accès à de l’aide au devoir.
« C’est notre responsabilité de s’assurer qu’on aide ces jeunes qui en ont besoin puis aussi donner la fierté de donner au mentor de mentorer quelqu’un », a-t-elle soutenu.
Et au-delà du mentorat, l’École des Grands devient une « pouponnière à leadership », selon l’instigatrice du programme.
« Ce qu’on voit, c’est qu’il y a un nombre significatif de nos mentors pour qui ça développe une passion vers l’enseignement », a précisé Mme Wissanji.
Un parcours qui pourrait par ailleurs intéresser Kervens Gino Estimable qui est aujourd’hui étudiant en sciences humaines, dans le profil psychologie et comportements humains.
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