Payez-vous le même prix que votre voisin pour un steak ou du poulet lorsque vous faites votre épicerie en ligne ? La tarification personnalisée chez les épiciers, une tendance en émergence aux États-Unis, inquiète les élus à Québec.
« C’est préoccupant parce qu’ils utilisent vos informations pour monter le prix en fonction de vos habitudes de consommation », a souligné le ministre de la Justice, Simon Jolin-Barrette, lors de l’étude des crédits, mardi.
Québec surveille de près l’arrivée de la tarification personnalisée, assure le ministre, afin d’éviter que la facture du panier d’épicerie ne soit déterminée « en fonction de son profil de consommation ».
« C’est un des chantiers auxquels on veut s’attaquer », affirme Simon Jolin-Barrette, qui a fait adopter plusieurs lois pour protéger les consommateurs au cours de son mandat.
Le temps manquera, toutefois, pour déposer un projet de loi avant la fin de la session parlementaire en cours, qui se termine dans moins de cinq semaines.
Un peu comme Uber
La question de la tarification personnalisée préoccupe les législateurs ailleurs au Canada, notamment au Manitoba où un projet de loi a été déposé en mars dernier pour interdire cette pratique.
Pour le moment, rien n’indique que la tarification personnalisée est utilisée au pays, mais la plateforme Instacart a s’est récemment fait prendre la main dans le sac aux États-Unis.
Des clients ont réalisé que le prix affiché pour un produit provenant d’un même magasin, au même moment, variait d’une personne à l’autre.
Une enquête de l’organisme Consumer report a démontré que la différence de prix pouvait atteindre jusqu’à 23 % pour un item. Pour une famille de quatre, la facture pouvait varier jusqu’à 1 200 $ annuellement, note l’organisme américain.
Le principe diffère légèrement de la « tarification dynamique » appliquée ces dernières années par les plateformes comme Uber ou Ticketmaster, où les prix varient en fonction de l’offre et de la demande.
Besoin de base
Pour la députée libérale Linda Caron, qui a interpellé le ministre sur la question, le prix des aliments ne doit pas être soumis aux aléas de l’historique des consommateurs.
« C’est vraiment la base, tout le monde a besoin de manger, souligne la députée. On ne devrait pas utiliser de tarification personnalisée. »
Le Québec devrait se doter d’une loi afin de prévenir l’importation de telles pratiques, plaide-t-elle.
Sa formation politique n’a pas encore pris position en ce sens en vue des prochaines élections. Toutefois, « sur le principe, je pense que c’est quelque chose qu’on voudrait mettre de l’avant », dit-elle.
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1 week ago
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