Pourquoi des commerçants demandent du pourboire... même sans service

3 months ago 10

De plus en plus de commerces autres que des restaurants demandent du pourboire, un phénomène qui suscite un malaise chez les consommateurs. 24 heures s’est rendu dans deux commerces qui ont implanté cette pratique.

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«Les prix affichés devraient être les prix qu’on paye», déplore un utilisateur sous une publication Reddit sur les pourboires.

«Il y plusieurs modes de rémunération qui sont clairement à repenser», ajoute un autre utilisateur.

«Demander aux patrons de payer leurs employés? Ça va pas la tête!», ironise une personne.

«Je ne le demandais pas avant le mois de juin. C’est une ancienne employée qui m’a demandé de le mettre», justifie la propriétaire de la boutique O’Fleurs Ruth Angèle.

«J’ai accepté, mais seulement pour elle. Moi, ça me gêne un peu», avoue-t-elle.

Même son de cloche pour le propriétaire et fondateur des boulangeries Mamie Clafoutis, Nicolas Delourmel. «Ce sont les employés qui nous ont demandé de pouvoir avoir l'option du pourboire sur les terminaux de paiement», dit-il.

Garder ses employés

Pour les commerçants, il s’agit d’un moyen de rester compétitif pour garder leurs employés.

«S'il y a juste quelques commerces qui font ça [proposer du pourboire], c'est sûr que les employés vont partir dans ceux où il y aura du pourboire», affirme M. Delourmel.

Cette pratique se révèle particulièrement avantageuse pour les commerçants, qui peuvent ainsi «externaliser une partie des coûts de la main-d’œuvre», explique Alexandre Plourde, avocat et analyste chez Option consommateurs.

«Plutôt que de payer plus cher à ses employés, d'avoir à supporter une masse salariale plus importante, il peut refiler les coûts de main-d'œuvre en partie à ses clients», précise-t-il.

Il faut savoir que les commerçants québécois peuvent bénéficier d’un crédit d’impôt de 75% pour les charges sociales versées sur les pourboires des employés, peut-on lire dans une étude d’Option consommateurs publiée en décembre 2025.

Pas de solutions pour le moment

Près des deux tiers des Canadiens ont le sentiment de se faire demander plus de pourboires que par le passé, selon un sondage Angus Reid de 2023. Et 83% des Canadiens affirment que «de nos jours, trop d’endroits demandent des pourboires», selon la même étude.

Une nouvelle loi encadre la sollicitation de pourboire, mais pas le type d’établissement qui demande du pourboire. Selon Option consommateurs, il faudrait mieux encadrer cette pratique.

«On nous met différents taux à choisir au moment du paiement et on se dit, si j'en donne pas je vais être un peu cheap, je vais être pingre, je veux aider la personne aussi qui est derrière le comptoir, les employés, donc on a une culpabilité par rapport à ça», tranche M. Plourde.

Pour la fleuriste, il faut aussi considérer le coût de la vie et l’inflation qui touche aussi bien les consommateurs que les employés.

«La vie est très chère, puis les salaires sont très bas. Alors ça, ça aide beaucoup les employés», pense-t-elle.

«Je comprends les gens qui ne veulent pas laisser de pourboires parce que soit ils font tout tout seul et puis ils n'ont pas besoin, mais il y a l'option en fait sur le terminal qui dit non, je refuse du pourboire», rappelle M. Delourmel.

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