Le torréfacteur Café William a fait venir 1000 tonnes de grains de café de Colombie à Montréal par voilier-cargo. L’objectif : réduire son empreinte écologique... même si ce moyen de transport coûte plus cher et que des experts rappellent que les principaux efforts doivent être faits ailleurs.
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Avec ses 136 mètres de long, le Neoliner Origin a quitté la Colombie le 7 août et a fini son périple devant la Tour du Port de Montréal le 28 août.
À son bord, l’entreprise Café William a fait venir 50 conteneurs de grains de café.
En utilisant ce bateau à voile, l’entreprise paie deux fois plus cher le transport de sa marchandise, mais pollue moins. Le Neoliner Origin utilise jusqu’à 80 % moins de carburant qu’un cargo traditionnel.
« On veut offrir le café le plus durable qui soit, au prix le plus accessible possible pour les consommateurs », explique Rémi Tremblay, copropriétaire de Café William.
Un (gros) investissement
« On absorbe les surcoûts du transport dans nos marges. On n’a pas fini de compter, mais c’est un bel investissement. »
Ce quatrième voyage en voilier effectué par l’entreprise de Sherbrooke est le plus grand à ce jour. « Ça couvre près de 40 % de nos volumes de café pour l’année. »
La cale du bateau peut accueillir 5300 tonnes de marchandises. Pour rentabiliser ses prochains trajets, Café William aimerait trouver d’autres torréfacteurs québécois pour remplir le bateau.
« C’est une très bonne idée », croit Maxence Vassart, directeur des opérations de Zab Café.
« Toutes mesures qui sont destinées à réduire l’empreinte écologique sont certainement la bienvenue dans l’industrie. »
Mais pour les petits torréfacteurs comme eux, le prix risque d’être un frein, estime-t-il.
Chrissy Durcak, présidente de Dispatch Coffee, salue aussi l’initiative, mais rappelle que le transport maritime n’est pas l’étape la plus polluante.
Agriculture bio
« L’empreinte carbone d’un sac de café se produit à 96 % dans le pays de production », explique-t-elle.
Il y a deux ans, Dispatch et des chercheurs de l’Université du Québec à Montréal ont étudié l’impact environnemental de leurs sacs de café. Le transport, la torréfaction et l’emballage du café représenteraient seulement 4 % de leur empreinte carbone.
Il faudrait donc plutôt favoriser des pratiques d’agriculture biologique et mieux utiliser l’eau dans le processus de lavage des grains, soutien Chrissy Durcak.
Selon une étude de l’Université Tongji, en Chine, et de Maasai Mara, au Kenya, publiée en janvier, les systèmes de production durables ou biologiques peuvent réduire les émissions de plus de 70 %.
Parmi les pistes de solution, ces chercheurs proposent aux producteurs d’améliorer les pratiques d’irrigation, de diminuer l’utilisation d’engrais et de pesticides, sans oublier de réutiliser les eaux usées provenant du lavage et de la fermentation du café dans les fermes.
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