Oui, Carney est pire qu’Harper en environnement

1 week ago 15

Effectivement, Steven Guilbeault a raison lorsqu’il affirme que Mark Carney va « plus loin » que Stephen Harper en environnement.

Pas dans le discours. Dans les décisions.

Je vous comprends de lever un sourcil.

Comment Mark Carney, l’écologiste des banques et l’envoyé spécial sur les changements climatiques de l’ONU, peut-il aller « plus loin » et « être pire » en environnement que Stephen Harper, jadis qualifié de « voyou climatique », qui parlait du protocole de Kyoto comme d’un « complot socialiste »?

Recul complet

Objectivement, il faut reconnaître que l’ampleur des reculs environnementaux opérés par Mark Carney depuis un an est spectaculaire.

Des reculs que Stephen Harper, en son temps, n’a jamais réellement osé mettre en œuvre.

Pas parce qu’il ne voulait pas, mais parce qu’il ne pouvait pas, sachant la contestation qui allait suivre.

Carney est arrivé au pouvoir avec la promesse de faire du Canada une « superpuissance énergétique ». Le «drill, baby, drill» pétrolier de Trump et la guerre commerciale ont marqué un tournant. Il faisait aussi face à des électeurs affectés par l’inflation. Et à une Alberta qui menaçait de faire sécession.

Le contexte était donc propice pour un relâchement environnemental.

Bien sûr.

Mais pour un tel démantèlement de tout ? De presque tous les outils pour diminuer nos GES, du « tout-au-pipeline » jusqu’aux évaluations environnementales des projets ?

Il a commencé par l’abolition de la taxe carbone pour les citoyens.

Il a récemment supprimé la taxe d’accise fédérale sur l’essence jusqu’en septembre prochain, chose qu’Harper n’avait jamais touchée.

Il a annulé les quotas de vente de voitures électriques.

Il a offert un buffet à volonté à Danielle Smith, PM de l’Alberta : Steven Guilbeault non exclu de l’Environnement, remplacé par une ministre inconnue, un nouveau pipeline vers la Colombie-Britannique, l’abolition d’une série d’exigences climatiques pour l’Alberta ainsi que la fin du plafond des émissions de GES.

Presque tout ce que Guilbeault a construit à force de compromis.

Il planche sur ce qu’il appelle des projets « d’intérêt national », que ce soit des pipelines, des mines, des ports, des infrastructures gazières... qui sont conçus, au fond, pour éviter toutes les lois et protections environnementales.

Et maintenant, pour plaire de nouveau à Danielle Smith, il s’attaque aux évaluations environnementales, en voulant affaiblir ou supprimer toutes les évaluations fédérales sur l’environnement, et ce, dans une opacité assez totale.

Si c’était un conservateur...

En un an comme premier ministre, Mark Carney aura fait plus plaisir au lobby pétrolier qu’Harper, malgré tous ses bons sentiments climatiques.

Si le même démantèlement des politiques climatiques avait été fait par un chef conservateur, de Harper à Poilievre, je parie qu’elles auraient déclenché une crise politique majeure. C’est vrai aussi pour n’importe quel premier ministre du Québec.

Mais Mark Carney bénéficie de la part des Canadiens d’un « passez go » historique.

Un « passez go » qui, malgré tout, sera assumé par les prochaines générations.

C’est Carney lui-même qui parlait des changements climatiques, dans son livre en 2022, comme de « l’ultime trahison envers l’équité intergénérationnelle ».

*** Disclaimer: This Article is auto-aggregated by a Rss Api Program and has not been created or edited by Bdtype.

(Note: This is an unedited and auto-generated story from Syndicated News Rss Api. News.bdtype.com Staff may not have modified or edited the content body.

Please visit the Source Website that deserves the credit and responsibility for creating this content.)

Watch Live | Source Article