Il y a 20 ans, un tireur fou marquait le Québec au fer rouge en ouvrant le feu dans le Collège Dawson. Une vingtaine de personnes ont été blessées et Anastasia De Sousa, 18 ans, a été tuée. Famille, amis et survivants racontent comment ils ont trimé dur pour se reconstruire, pendant que la police mettait les bouchées doubles pour apprendre de ses erreurs.
Même si deux décennies se sont écoulées depuis qu’un tireur fou a froidement abattu une étudiante de 18 ans au Collège Dawson, sa famille et ses amis sont aujourd’hui encore capables de ressentir sa présence à leurs côtés.
« On parle toujours d’elle. Il n’y a pas une journée dans la semaine où son nom n’est pas mentionné », assure Louise De Sousa.
Sa fille Anastasia De Sousa a été froidement abattue par un tireur fou le 13 septembre 2006, au Collège Dawson. Il s’était même acharné en tirant sur elle plusieurs balles. Une vingtaine de personnes ont aussi été blessées.
Malgré tout le temps qui s’est écoulé, il faut ne « jamais l’oublier », martèle sa mère, ajoutant que « les jeunes aujourd’hui qui sont au cégep n’étaient même pas nés quand c’est arrivé ».
L’aura d’Anastasia
S’imagine-t-elle le genre de vie que mènerait la jeune femme ? « Toujours, toujours », répond la Lavalloise, sans détour.
« Est-ce que j’aurais plus de petits-enfants ? », se demande Louise De Sousa, fière grand-maman de deux fillettes.
Elle rappelle que malgré sa dyslexie, sa fille voulait être une « femme de business » et étudiait jusqu’à tard le soir pour décrocher de bonnes notes.
« Elle était déterminée à pouvoir dire à tout le monde : “Moi, je vais le faire. Je suis capable.” Elle en avait dedans », résume sa mère.
Aux yeux de Hayder Kadhim, un ami d’Anastasia qui a survécu à trois balles, dont une à la nuque (voir autre texte), « c’est assez facile de se rappeler Anastasia ».
« C’était une personne avec une joie de vivre, qui était souvent souriante et positive. Elle avait cette aura-là », confie-t-il.
Lors de journées où il ne se sent « juste pas bien », Anastasia apparaît dans ses pensées. C’est suffisant pour lui remonter le moral.
« Il y a des signes, que je sens, quand elle n’est pas loin, quand elle a une certaine présence durant des expériences de ma vie », mentionne le survivant.
- Écoutez le balado du Journal « Histoires de crimes » sur les 20 ans de la fusillade de Dawson :
Des liens uniques
Le sort réservé à Anastasia a par ailleurs mené sa famille à créer des liens uniques avec certains de ses amis de l’époque et des survivants.
Hayder Kadhim et James Santos, un autre ami et survivant devenu policier, sont du lot. Ils peuvent autant être invités à visiter la défunte au cimetière qu’à un mariage dans la famille De Sousa.
Pour souligner sa mémoire, « on fait toujours quelque chose à l’anniversaire [de la fusillade] et à sa fête. On est avec mes enfants, ma sœur, on va souper ou quelque chose », souligne Louise De Sousa, 63 ans.
« Il y a eu beaucoup d’occasions de se voir, que ce soit [dans le combat pour un meilleur contrôle] des armes à feu, des commémorations, des levées de fonds », ajoute Hayder Kadhim.
Somme toute, des questions sans réponse rongent Louise De Sousa.
« Pourquoi elle ? Pourquoi notre famille ? »
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3 days ago
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