Des épiciers observent un essoufflement du boycottage des États-Unis parce que les Québécois seraient plutôt à la recherche du produit le moins cher, qu’il provienne d’ici ou de chez nos voisins.
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« C’est un gros enjeu pour nos clients, ils veulent économiser, mais veulent aussi des produits locaux. On observe que c’est le prix, le facteur le plus important », explique Nicholas Erimos, directeur de stratégies au Supermarché PA du Parc.
L’entreprise familiale dont le stock est constitué de 80 % de produits canadiens constate qu’un essoufflement de l’achat local s’observe au profit du produit le moins cher.
« En ce moment, on a des fraises de l’Ontario sur nos tablettes qui sont bien aimées. En revanche, elles ne sont jamais aussi populaires que les fraises des États-Unis à 1 $ que j’avais il y a quelques semaines », ajoute l’entrepreneur.
En février 2025, dans la foulée des tarifs de Donald Trump, de nombreux Québécois se sont mis à acheter local. Aujourd’hui, le contexte est bien différent.
« Ce qu’on voit, c’est que les gens veulent mettre de la nourriture sur leur table. On ne se préoccupe pas autant de la provenance, les gens sont serrés et ils cherchent à économiser », explique Marie-Ève Breton, propriétaire de Liquidation Marie.
L’entreprise qui se spécialise dans la vente de nourriture à prix réduit observe d’ailleurs que sa clientèle augmente de semaine en semaine.
« Disons qu’on est loin de la période où on se faisait insulter parce qu’on vendait des fraises des États-Unis. Pour nos commandes, on va opter pour des produits canadiens quand c’est possible, mais pas au détriment du prix », ajoute-t-elle.
À l’Intermarché sur l’avenue du Mont-Royal, on sent que l’inflation pèse de plus en plus lourd dans les choix de la clientèle.
« L’achat local ce n’est plus la priorité des gens, c’est plutôt les économies qu’ils cherchent. On le voit dans nos ventes, par exemple les clients vont délaisser la viande ou les gâteries pour demeurer dans leur budget », explique Eva El-Akhras, propriétaire de l’établissement.
Public cible
Malgré tout, selon le rapport bisannuel de l’Indice de consommation alimentaire de l’Université Dalhousie, un peu plus de 31 % des répondants ont rapporté souvent choisir des aliments locaux.
« Il y a encore des gens qui sont plus ou moins à l’aise d’encourager les États-Unis. On va prioriser l’achat non américain et choisir les tomates du Mexique pour une même valeur », explique Sylvain Charlebois, économiste, spécialiste de l’industrie agroalimentaire et professeur à l’Université McGill ainsi qu’à l’Université Dalhousie.
Le Journal s’est rendu à la sortie d’une épicerie sur Masson pour y questionner la clientèle à ce sujet.
« Pourquoi arrêter ? C’est important d’acheter des produits d’ici et d’aller dans des bannières québécoises », a commenté Cécile Thériault qui sortait du Maxi.
D’autres clients ont plutôt mentionné que le coût de la vie étant très élevé, il ne leur était pas rare d’aller dans trois commerces différents pour avoir les meilleurs prix.
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