Il y a 5 ans, Mélanie Carbonneau vivait dans un petit logement de Montréal-Nord. Ce n’était pas le gros luxe mais ça « faisait la job ».
Quand on est sur l’aide sociale, on n’est pas trop regardant. Elle est morte à deux coins de rue de là, brûlée dans sa tente en pleine nuit. Personne n’a pu la sauver. Même pas ces voisins de campement qui s’inquiètent de leur propre survie.
Le campement était sur un terrain municipal mais ça ne change rien à l’histoire. Ça ne rend pas la vie dans la rue plus facile, ni moins risquée.
Du pot au crack
À l’époque où elle avait un toit sur la tête, Mélanie fumait du pot pour calmer son mal de vivre et ses douleurs physiques. J’imagine que le buzz n’était plus assez fort. Elle se serait mise au « crack », des cailloux de coke qu’on chauffe, et dont on inhale la fumée avec une pipe.
L’effet euphorique est immédiat. Mais la chute qui suit est encore plus brutale. Vous réclamez une autre dose, pis vite. Certains disent que le crack est pire que l’héroïne. Je dirais que rendu là, ça se vaut. Dans les deux cas, le risque d’AVC, de crise cardiaque ou de surdose est énorme. Sans parler des douleurs atroces reliées au manque.
Mélanie en était, paraît-il, à ce stade de sa toxicomanie. J’ai lu qu’une de ses amies avait tenté de convaincre son vendeur de crack de ne plus lui en fournir. Mais un pusher, ç’a pas de cœur. C’est juste motivé par le « cash ». Pour lui, la vie humaine vaut moins qu’une roche à vingt piasses.
Un plan d’intervention
Le fait est que Mélanie se brûlait « par en dedans ». Elle s’est retrouvée à la rue, où elle s’est enfoncée. Comme tant d’autres qui se gèlent le corps et l’esprit pour oublier qu’ils couchent dehors. Je ne les juge pas. Je ferais sans doute pareil si j’avais la face accotée sur l’asphalte.
La drogue n’explique pas à elle seule l’itinérance. Mais c’est l’un des enjeux majeurs auxquels on doit absolument s’attaquer.
Des réseaux criminalisés inondent la rue de substances de plus en plus trafiquées. Ils profitent de la vulnérabilité des sans-abri, détruisent leur santé et minent leur capacité à se sortir de la rue. Nos efforts collectifs pour leur redonner de la dignité et leur trouver un toit passent dans le tordeur.
Serrons la vis pour vrai aux revendeurs : fini les sentences bonbon quand ils se font prendre. Souvenons-nous que les victimes sont dans la rue et que la répression ne traite pas la dépendance. Et arrêtons de taper sur la tête des centres de consommation supervisée. Ces lieux sécuritaires aident à la prévention et mènent à des programmes de désintoxication.
Mélanie aurait sans doute été d’accord : les drogues dures sont une plaie dans la rue. D’autres, comme elle, risquent d’y laisser leur peau.
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6 days ago
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