La transformation numérique de l’État québécois n’est pas seulement lente : elle est archaïque et budgétairement suicidaire. En refusant de rompre avec le statu quo, le gouvernement condamne le Québec à des milliards de dollars de dépassements de coûts sur d’autres décennies.
Alors que la souveraineté numérique devrait être le levier pour inverser cette tendance et la vision d’une nouvelle économie, nous assistons à une véritable capitulation technologique devant les géants étrangers.
2022 : Le rendez-vous manqué
Dès 2022, nous portions la vision d’un « Data Québec », un véritable Hydro-Québec du numérique. Plus qu’un projet technique, c’était un projet de société : infrastructures de connectivité souveraines, centres de données verts ancrés dans nos énergies, et surtout, la création d’une expertise publique en partenariat avec nos entreprises d’ici.
De l’IA au quantique, le plan pour bâtir notre propre « Infrastructure Data Québec » existait. Il a été stoppé in extremis et proposé en plateforme pour 2022-2026.
2025 : L’ère de la servitude volontaire
Puis est arrivé le projet de centre d’excellence en mode PPP, focalisé sur des systèmes administratifs dits « mutualisables ». Le modèle actuel est celui de la capture : code source inaccessible, frais de licence faramineux et dépendance totale. De GIRES, SAGIR, SAAQclic à SIFARH, et maintenant Epic, cette approche est un échec retentissant, la continuité d’un modèle d’affaire d’une autre époque.
L’audace ou la soumission
Le projet CODE proposait l’inverse : la souveraineté, l’État propriétaire de son code et de son intelligence. Aujourd’hui, l’IA et le logiciel libre brisent le monopole des géants (éditeurs de solutions) américains. Pourtant, le Québec recule, alors que l’Estonie, les pays nordiques et la France s’affranchissent pour protéger leurs données sensibles et se créer un actif technologique. Même Ottawa montre plus d’audace souverainiste que nous sur le numérique.
Le retour du « Maître chez nous » 2.0
Mes échanges d’avril 2026, avec l’Europe, confirment cette tendance : la souveraineté numérique est la norme. En privilégiant nos entreprises et en développant nos propres solutions — exportables, de surcroît — nous pouvons réduire drastiquement nos coûts. Nous avons le potentiel avec des partenaires fiables de nous créer une puissance numérique qui pourra faire le poids et éviter les dérives politiques si proches des géants du technologique.
La soumission à ces lobbys n’est pas une fatalité, eux qui feront tout pour conserver ces milliards récurrents, pour nous c’est un choix politique. Et la « prochaine fois » promise se transforme, une fois de plus, en occasion ratée.
La souveraineté numérique, c’est le nouveau « Maître chez nous ». Il est temps de reprendre le contrôle et de bâtir notre expertise ici, avec nos talents.
Gilles Belanger
Député indépendant
Circonscription d’Orford
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2 hours ago
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