Des professionnels de la santé ont marché dimanche à Québec pour dénoncer le manque de mesures de sécurité dans les établissements, quelques jours après une violente agression survenue à l’urgence psychiatrique du CHUL.
« Notre sécurité ne devrait pas être une question de budget », dénonce Patsy Van Damme, l’infirmière victime d’une agression le 17 août dernier.
L’événement est survenu à l’urgence psychiatrique du CHUL, quand un patient violent s’en est pris à un préposé aux bénéficiaires. Patsy Van Damme est alors intervenue pour venir en aide à son collègue, avant d’être elle-même prise pour cible.
Elle a subi une fracture du nez, plusieurs contusions et une commotion cérébrale. Elle affirme également que le bouton servant à déclencher le code d’urgence n’a pas fonctionné et que la porte de l’unité ne s’ouvrait pas avec sa carte d’accès, compliquant l’intervention.
Celle qui travaille depuis près de 20 ans dans le réseau affirme que les employés sont trop souvent laissés à eux-mêmes. Un agent de sécurité était auparavant présent à l’urgence psychiatrique afin de prévenir ce genre d’événement, mais ce dernier aurait été retiré en raison de coupes lors de l’implantation de Santé Québec.
« On investit des millions chaque année, mais après 18 ans de service, je me demande encore où s’en va cet argent-là », se désole-t-elle.
De pis en pis
Préposée aux bénéficiaires depuis 2009, mais contrainte à l’invalidité en raison de la COVID longue, Silvie Blanchette estime que les conditions de sécurité se sont considérablement détériorées au fil des années.
« Ça arrive de plus en plus et c’est de plus en plus dangereux. On voit des choses qu’on ne voyait pas avant », affirme la coorganisatrice de la marche de dimanche, qui réclame une révision des mesures de sécurité dans le réseau de la santé.
Selon elle, la présence d’agents de sécurité supplémentaires permettrait d’intervenir plus rapidement lors des situations de crise.
Elle estime que les travailleurs tout comme les patients doivent pouvoir compter sur un environnement plus sécuritaire. Justement, une patiente aurait également été blessée lors de l’agression du 17 août dernier.
Des séquelles psychologiques
Plus de deux semaines après l’agression, Patsy Van Damme dit toujours composer avec des séquelles psychologiques importantes.
« Ça va lentement. [...] J’ai des flashbacks, puis j’ai une boule à l’estomac, c’est de l’anxiété face à tout ça », raconte-t-elle.
Au-delà des blessures, c’est la crainte de retourner travailler dans les mêmes conditions qui l’inquiète. Elle rappelle que les travailleurs ont une vie et une famille à retrouver après leurs quarts de travail.
Pour l’infirmière, l’agression du 17 août ne doit surtout pas être reléguée aux oubliettes. Alors que la campagne électorale bat son plein, elle souhaite que les partis politiques s’attardent à la sécurité des travailleurs de la santé.
« Ça arrive, puis ça arrive encore, puis c’est les mêmes patterns. C’est ça qui est choquant : il n’y a rien qui change. Écoutez ceux qui sont aux barricades puis qui sont sur le terrain », réclame-t-elle.
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2 weeks ago
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