La fillette de 9 ans qui aurait été assassinée par son père l’été dernier dans l’État de New York aurait supplié pour ne pas partir en voyage avec lui dans son Éthiopie natale dans les mois précédant sa mort, a témoigné la mère de la victime, mardi.
« Elle ne voulait pas y aller », a soutenu au palais de justice d’Elizabethtown Kali Galanis, ex-conjointe de Luciano Frattolin, citée par le New York Post.
La maman endeuillée a raconté aux membres du jury que le père, accusé du meurtre au deuxième degré de sa fille ainsi que d’avoir dissimulé son corps, avait comme projet d’emmener la petite Melina en Éthiopie durant deux semaines, en janvier 2025.
Or, la fillette était craintive et aurait manifesté son désaccord.
Mère inconfortable
Mme Galanis, qui avait la garde complète de l’enfant depuis la séparation en 2019, voyait ce projet de voyage d’un mauvais œil. Son avocat lui avait notamment rappelé des situations où, à la suite d’une séparation difficile, un parent emmène son enfant à l’étranger et refuse ensuite de le ramener au pays.
« Il avait modifié les dates et proposait désormais un séjour plus long », a-t-elle déclaré au tribunal.
La Montréalaise a également évoqué des propos « troublants et alarmants » que Melina lui avait rapportés – tenus par son père au sujet de son refus de retourner dans ce pays d’Afrique de l’Est – et qui l’avaient finalement conduite à annuler le voyage.
« Je devenais inconfortable. [...] Je n’étais plus à l’aise avec ça maintenant », a-t-elle soutenu aux jurés, au sujet du voyage.
Luciano Frattolin a ensuite suggéré par courriel une escapade père-fille à New York et la mère avait autorisé qu’ils partent durant une semaine. Le duo a finalement visité le Connecticut et l’État de New York.
Alors sur le chemin du retour pour ramener la fillette à sa mère au Québec, le 19 juillet 2025 en fin de soirée, Frattolin aurait composé le 911 en affirmant que son enfant avait été kidnappée par deux hommes dans une fourgonnette blanche lors d’un arrêt aux toilettes.
Une alerte Amber a été déclenchée peu de temps après.
« En état de choc »
C’est vers 1 h 30 du matin que des agents de la police de Montréal se sont présentés à la porte de Mme Galanis.
« Êtes-vous au courant de la situation entourant votre fille », a-t-elle relaté au jury, citée par NEWS10, une station-télé affiliée à ABC.
Elle a alors passé plus de longues heures à répondre à des questions de policiers. Elle a appris vers 13 h qu’un corps avait été découvert.
« J’étais en état de choc », a laissé tomber Kali Galanis.
La victime a été découverte sous une roche dans un étang.
Propos troublants
Lundi, les jurés ont entendu le témoignage d’un enquêteur qui a interrogé l’accusé durant 13 heures.
Daniel Mauro, de la New York State Police, a demandé à Frattolin s’il aurait eu un motif pour tuer son enfant.
L’homme lui aurait alors répondu, de manière troublante, qu’il n’aurait jamais fait ça aux États-Unis et « que ça aurait été beaucoup plus facile » en Éthiopie natale ou en Italie, où il possédait la double nationalité.
Les membres du jury ont aussi appris que des données cellulaires permettaient d’établir que le père avait été présent non loin du lieu du meurtre présumé. Des vêtements mouillés appartenant au père ont aussi été retrouvés par la police dans un sac-poubelle jeté le long de l’I-87.
– Avec Camille Payant et le New York Post
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