Dans les derniers mois, Québec et Ottawa ont multiplié les mesures fiscales visant à alléger le fardeau économique des citoyens. Mais quel est l’impact réel de ces mesures sur votre portefeuille ? Une experte nous aide à y voir plus clair.
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Le gouvernement de Christine Fréchette a annoncé cette semaine trois mesures économiques afin de soutenir les Québécois face à la hausse du coût de la vie.
Un rabais de 50 $ sur l’immatriculation sera accordé à près de 4,9 millions de propriétaires automobiles dès le mois de septembre 2026. Le coût annuel de cette réduction est évalué à 245 millions de dollars.
Un « versement spécial pour l’épicerie et l’énergie » aux personnes et aux familles bénéficiant du crédit d’impôt pour solidarité pour la période 2025-2026 a aussi été annoncé. La somme, versée le 4 juin, sera de 100 $ pour une personne seule, 150 $ pour un couple et 200 $ pour un ménage avec enfant. La mesure coûtera 335 millions de dollars à l’État.
Québec a aussi annoncé l’abolition de la taxe de vente du Québec (TVQ) sur une panoplie de produits de bases « couramment achetés », comme le papier hygiénique, les mouchoirs et certains produits alimentaires. Le gouvernement estime qu’une famille de 4 personnes incluant 2 enfants économisera 50 $ par années. Les initiatives coûteront 102 millions de dollars au gouvernement.
Le gouvernement se privera donc de 682 millions de dollars en revenus.
« Ces mesures n’auront pas un impact significatif à long terme sur le portefeuille des gens », indique d’emblée Eve-Lyne Couturier, chercheuse à l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS).
Rappelons que la CAQ a également envoyé trois chèques « anti-inflation » en 2021, pour un total d’un peu plus de 7 milliards de dollars.
Une stratégie semblable à Ottawa
De son côté, Ottawa a récemment annoncé qu’il dépensera plusieurs milliards de dollars pour les mesures suivantes :
- Abolition de la taxe d’accise sur l’essence (2,4 milliards $)
- Versement spontané de l’Allocation canadienne pour l’épicerie et les besoins essentiels (3,1 milliards $)
- Bonification de 25 % des versements réguliers du crédit de TPS sur cinq ans (8,4 milliards $)
Eve-Lyne Couturier rappelle que ces mesures ne régleront pas les problèmes fondamentaux qui font augmenter le coût de la vie. « Autant au fédéral qu’au provincial, on cible plus les symptômes que les causes. On donne de l’argent en se disant que les gens vont l’utiliser pour compenser la hausse de leurs dépenses, mais peut-être qu’on devrait s’attaquer aux raisons de ces augmentations pour qu’on ne se retrouve pas avec le même problème dans un avenir rapproché. »
Quelles est la solution, donc ?
L’allégement de la facture des automobilistes pourrait par exemple passer par la modification de leurs habitudes en augmentant le financement du transport en commun.
Les coûts associés à l’épicerie et au logement, qui touchent particulièrement les moins nantis et la classe moyenne, pourraient être quant à eux allégés si le gouvernement s’attaquait aux causes de l’inflation.
« Les gens qui ont besoin du chèque pour solidarité ne vont pas tout d’un coup gagner plus d’argent et avoir moins de besoins grâce à ces aides temporaires », conclut-elle.
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1 week ago
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